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October 12 ATTENTION : LE BLOG CHANGE D'ADRESSE !Ca y est, c’est décidé, je déménage !
Retrouvez la nouvelle version, modernisée et rééduquée, de mon blog, sur le lien suivant : http://aucoeurdelempire.over-blog.com/ Cette version-ci du blog ne sera plus réactualisée et ne restera pas en ligne très longtemps ; veuillez donc, s'il vous plaît, annoncer le changement d'adresse à vos amis lecteurs (pour autant que vous en ayez...) ...et venez vite inaugurer la nouvelle version d' AU COEUR DE L'EMPIRE !
UNE ETRANGE VISION DU SOCIALISME…En fouillant dans mes notes, j’ai retrouvé un éditorial du Rodong Sinmun (Quotidien du Travail), journal nord-coréen, que le Courrier International avait traduit en juillet dernier, à l’occasion des tirs de missiles en direction du Japon. Cet éditorial, paru le 5 juillet, et intitulé « La Politique Militariste est le Principe Grandiose Qui Accomplira notre Grande Œuvre Socialiste » nous apprenait notamment la chose suivante sur la conception nord-coréenne du socialisme :
« La configuration politique du monde nous est désormais favorable et le peuple avance vers une victoire autonome. La dernière décennie, parsemée de victoires et de faits glorieux, nous prouve que la politique militariste est un moyen sûr pour édifier une patrie socialiste puissante et prospère. […] Nous possédons une force révolutionnaire que n’osent pas attaquer les impérialistes américains, qui se prétendent les plus puissants. »
En ces jours de tension suite à l’essai nucléaire de la Corée du Nord, ces lignes ont quelque chose de prophétique. Que devons-nous penser d’une telle prose ? October 11 ATTENTION, LES VACANCES SONT NOCIVES POUR LA SANTE !Dimanche matin, pour la première fois de ma vie, je suis allé aux cours. En effet, comme je l’ai expliqué dans mon texte sur la Fête Nationale, le gouvernement accorde à cet occasion sept jours de congé, mais le week-end ne devant pas s’additionner aux jours de vacances, on coince la Semaine d’Or (c’est comme ça qu’on l’appelle) entre deux semaines de six jours, dont celle où nous sommes et qui commence le dimanche, pour les travailleurs comme pour les étudiants – vous suivez ? Pour le coup, beaucoup de mes tong xué (camarades de classe) avaient « oublié » de venir aux cours, pensant reprendre comme d’habitude le lundi, provoquant l’ire et le dépit de notre bonne Mme Yü… Pour manifester sa désapprobation, le ciel s’est syndiqué et a fait pleuvoir toute la journée (ah ! la troisième pluie depuis mon arrivée à Pékin !) tout en faisant baisser drastiquement le mercure, peut-être histoire de nous rappeler que nous aurons de nouvelles vacances pour le Nouvel An, c’est-à-dire dans quatre mois.
Je trouve ici l’occasion de répondre à un de mes lecteurs qui m’avait questionné il y a quelques jours sur la question du travail et du temps libre en Chine, au bas de mon texte intitulé « Promenade dominicale au centre de Pékin ». J’essayais d’expliquer en quoi, à la fois pour des raisons conjoncturelles, culturelles et idéologiques, la Chine moderne était une société du travail. Période de développement accéléré, de croissance gigantesque, exportations massives de tout et n’importe quoi, culture de l’effort et de la discipline, glorification du personnage du travailleur par l’imagerie communiste (et cela n’a pas tellement changé, comme je l’expliquerai dans un prochain texte), logique du sacrifice de l’individu pour la collectivité : autant d’éléments qui contribuent à faire de la Chine une usine géante. Pas très étonnant donc que les vacances y soient rares, et qu’on y travaille souvent le dimanche, voire la nuit.
Mais, comme on peut se l’imaginer, ce n’est pas toujours très enthousiasmant, et la logique des « générations sacrifiées » pour des lendemains qui chantent n’est pas toujours suffisante pour galvaniser les troupes et leur donner du cœur à l’ouvrage. Aussi, la propagande officielle se sert de tous les stratagèmes possibles pour maintenir la fièvre industrieuse à travers le pays. Et elle a plus d’un tour dans son sac : après avoir idéalisé et fait l’éloge du travail, pourquoi ne pas prendre le problème par l’autre bout et diaboliser le loisir ?
En pleine « rentrée » après les vacances d’octobre, on apprend donc dans les pages du Quotidien du Peuple, organe officiel du Parti (via la fameuse agence Xinhua) que sous l’influence néfaste des « longues vacances » (une semaine !) comme celles qui viennent de finir, le travailleur développe toute une série de maux physiques désagréables, son organisme est troublé, sa santé s’affaiblit, son rendement baisse…
Je vous cite un extrait de la dépêche parue lundi matin, c’est assez amusant. Ca vaut toujours la peine de feuilleter la presse étrangère, on tombe parfois sur des perles, et on apprend à découvrir des méthodes de communication et un traitement de l’information très différents de ceux de nos contrées.
Pour paraphraser la chanson de Norman Bethune, publiée sur ce blog il y a quelques jours, nous pourrions dire : « Médecin du peuple, il cherchait la cause de la maladie ; il l’a trouvée : c’est les vacances ! » Pour nous autres Occidentaux qui avons érigé (à grands renforts d’huile de coude, il est vrai) une société des loisirs basée sur la consommation massive du divertissement, toutes ces idées paraissent un peu étranges.
Il y aurait donc un « syndrome post-congé » ; cela ne signifie rien d’autre que le fait d’avoir congé n’est pas un état tout à fait normal, ce qui explique qu’il y ait des effets secondaires, voire – et c’est là tout le péril – une accoutumance. Veuillez donc respecter les limites fixées par votre médecin de famille et ne pas dépasser la dose prescrite, sans quoi votre réintégration dans la vie réelle risquerait d’être fortement compromise.
Fatigue, manque d'appétit et de concentration de l'esprit, dépression, irritabilité, mélancolie, sentiment de désespoir et de vide... On croirait lire les éléments du « vague des passions » si cher à Chateaubriand et à ses disciples romantiques ! Cela n’est pas sans faire penser non plus aux symptômes décrits par les médecins des XVIIIe et XIXe siècles au sujet d’un autre vice tout aussi honteux : la masturbation. Si je retrouve un de ces vieux traités de médecine sur le sujet, j’essaierai de mettre en ligne une de ces fameuses descriptions du « démon de l’onanisme », comme cela ressemble furieusement à ça !
Dans un prochain billet, je poursuivrai sur le thème du travail, et je tenterai d’expliquer pourquoi, dans la pratique, aucun des régimes communistes existants ou ayant existé n’a jamais pu être en mesure d’appliquer les idées de Marx sur le travail (ainsi que celles de son ami Paul Lafargue, le théoricien du droit à la paresse) ; c’est une question intéressante sur laquelle je réfléchis depuis assez longtemps et que j’aimerais vous faire partager. En attendant, n’hésitez pas à laisser vos commentaires sur cette remise au pas des forces vives de la nation ! MAIS QU’EST-CE QUE JE FAIS EN ASIE ORIENTALE ?« Si des sanctions d'envergure sont décrétées, nous les assimilerons à une déclaration de guerre. Plus la pression sera importante, plus le degré de notre réponse sera élevé. Si les Etats-Unis persistent dans leur attitude hostile et font pression sur nous de différentes façons, nous n'aurons d'autre choix que d'entreprendre d'autres actions physiques pour y faire face. » (porte-parole du gouvernement nord-coréen, ce matin)
« Sur le plan de la sécurité régionale, l'équilibre de l'Asie orientale est brisé. » (le Quotidien du Peuple, Pékin) October 10 LA COREE DU NORD A FAIT UNE TRES GROSSE GAFFE !Et voilà, il l’a fait, le bougre ! Kim Jong-Il, le maniaque pseudo-stalinien qui dirige la Corée du Nord, a tenu ses promesses et procédé à un essai nucléaire lundi en dépit de toutes les mises en garde internationales. Et à présent, c’est toute l’Asie du Nord-Est qui est sur la corde raide ! Résumons les faits. Kim Jong-Il annonce publiquement qu’il considère que son pays est menacé par une attaque américaine et que pour assurer sa sécurité, il a décidé de procéder sous peu à un essai nucléaire. Les membres du Conseil de Sécurité de l’ONU ne savent qu’en penser : menace sérieuse ou simple bluff ? La Corée du Nord, si pauvre et si retardée, a-t-elle vraiment les moyens techniques de se doter de l’arme atomique ? A peu près au même moment, cette même partie de l’Asie s’emploie à soigner d’autres plaies, plus lointaines mais encore très vivaces dans le cœur des peuples : les exactions commises pendant la Guerre de Résistance par les troupes japonaises sur les populations chinoises et coréennes. Plus de soixante ans après les faits, les haines mutuelles ne sont pas retombées, et de nouvelles formes de nationalismes sont apparues qui n’ont de cesse de les alimenter de part et d’autre. Koyzumi, le Premier ministre japonais connu à la fois pour son ultralibéralisme (il a privatisé la poste nationale, pour ne donner que cet exemple) et ses visites récurrentes dans un temple dédié aux criminels de guerre, s’est retiré de la scène politique. Son successeur, M. Abe, ne semble hélas pas promettre un horizon plus apaisé, car il fait lui aussi partie du clan des « faucons », les partisans d’une remilitarisation massive du Japon pour faire face à ses éventuels ennemis – inutile de les nommer. Mais, à la surprise de tous, M. Abe, dès les premières semaines de son mandat, dit tenir à améliorer les relations avec ses voisins chinois et coréens dans un esprit de paix et de coopération, et pour appuyer ses dires, il programme deux voyages diplomatiques dans les deux pays, qui seront relayés généreusement par les médias du monde entier. En Chine, la rencontre avec Hu Jintao, pour ce qu’on en sait, se déroule dans les meilleures conditions ; au moment où il reprend son avion pour la Corée, la bombe explose. Apparition d’un nouvel acteur sur la scène : Mahmoud Ahmadinejad, le président de l’Iran. Il joint sa protestation à celle des autres pays, plaidant même pour une « dénucléarisation du monde », mais les médias, frustrés par ce conformisme inattendu de sa part, lui prêtent déjà les intentions les plus noires et prétendent à qui mieux mieux que l’Iran va profiter de la crise pour revendiquer encore une fois, elle aussi, ses droits à l’arme nucléaire, et pour poursuivre ses recherches sans tenir compte de l’ « opposition internationale » (comprendre : l’opposition des Etats-Unis et d’Israël). Mais attention, à force de crier au loup, plus personne ne lèvera le petit doigt lorsque le loup sortira vraiment du bois… François Heisburg, qui y croit lui aussi dur comme fer, écrit dans les colonnes du Temps de ce matin :
Sans une égratignure ? Pour le moment oui, mais m’est avis que les mesures de rétorsion ne vont pas tarder, et je devine déjà exactement d’où elles vont venir… Que va-t-il se passer maintenant ? Kim Jong-Il s’arrêtera-t-il en si bon chemin ? Abe poursuivra-t-il sur la voie du rapprochement après ce camouflet ou se repliera-t-il sur ses positions offensives initiales ? S’il se laisse emporter par sa fougue et choisit la deuxième option, il peut être sûr de trouver l’appui des Etats-Unis, qui ont toujours été ses meilleurs alliés contre les nations communistes d’Asie, et qui n’attendent que ça. Rappelons que le père d’Abe a été un furieux officier de l’armée japonaise connu pour ses opinions anti-communistes, sa violence anti-chinoise et accusé lui-même de plusieurs crimes de guerre… La Corée du Sud, elle, a déjà fait son choix : elle a décidé, pour punir son frère turbulent, de suspendre l’aide humanitaire. On comprend sa colère, bien sûr, mais est-ce vraiment faire le bon choix que de prétendre s’en prendre à un tyran en affamant un peuple qui vit déjà dans une misère intolérable ? Un autre péril – peut-être le pire – qui menace et que pourtant, étrangement, presque personne n’a évoqué, c’est la réaction des Etats-Unis. Pas en tant que nation mais en tant qu’empire. Les USA ne sont certainement pas réellement mises en danger par les gesticulations de Kim Jong-Il, mais ils pourraient avoir avantage à le faire croire. Car, après tout, les « armes de destruction massive » irakiennes ne les mettaient pas en danger non plus, ni eux ni personne – et pour cause : la rumeur de ces armes avait été inventée de toutes pièces par la Maison Blanche elle-même ! – mais cela ne les a pas empêchés de partir en guerre et d’occuper le pays. La Corée du Nord, dont les armes semblent, elles, être bien réelles, offrent donc une occasion en or pour les ambitions impériales de Bush. Imaginez : à la tribune de l’ONU, le représentant des Etats-Unis annonce que pour la sécurité du « Monde Libre », il a été décidé – et cela n’admettra aucune contestation – que la Corée du Nord, nouveau pivot de « l’Axe du Mal », devra être désarmée, et qu’il est temps par ailleurs d’abattre le tyran qui la dirige, d’y amener la démocratie et de la placer sous un quelconque protectorat digne du nouveau féodalisme international que l’Amérique affectionne tant. Avouez que ce discours a un vilain goût de déjà-entendu. Oui, me direz-vous, mais en Irak, il y avait du pétrole ; il n’y en a pas en Corée du Nord ; où est donc l’intérêt américain ? La bombe leur ferait-elle réellement peur ? Non, bien sûr que non, cette histoire de bombe n’est qu’un prétexte. Mais un prétexte essentiel puisqu’il va peut-être leur permettre d’entrer en Asie du Nord-Est – quand je dis entrer, je veux parler d’une présence militaire. Pourquoi l’Asie du Nord-Est ? Parce que la Chine. Je crois que vous commencez à comprendre… Si les Etats-Unis décident d’intervenir militairement du côté de la Corée du Nord, toute cette histoire ne sera évidemment qu’un prétexte : le but caché sera de s’approcher de la Chine pour mieux la surveiller et tenter diverses opérations de sabotage de toutes sortes – notamment commerciales, on sait que les USA sont généreuses lorsqu’elles distribuent à tous vents des blocus et des embargos. Ce cas de figure doit absolument être évité, ce serait un drame pour la Chine et pour tous les pays de cette région de l’Asie ! Plus personne ne veut ici du néo-colonialisme, plus personne ici ne veut de l’ingérence américaine dans des affaires qui ne la regardent pas, plus personne ici ne veut que les souverainetés nationales soient encore une fois bafouées par le « gendarme du monde » ! Voilà pourquoi je le dis et je le répète : la Corée du Nord a fait une très grosse gaffe ce lundi, et en pensant imposer la négociation par la menace nucléaire (quel délicat sens de la diplomatie !), elle vient peut-être de déclencher une crise sans précédent sur cette partie du globe ! ILS L'ONT FAIT !source : Beijing Information
déclaration du Ministère des Affaires étrangères de Chine
Le 9 octobre, au mépris de l’opposition générale de la communauté internationale et de manière flagrante, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a procédé à un essai nucléaire. Le gouvernement chinois exprime sa ferme opposition à cet événement. Réaliser la dénucléarisation de la péninsule coréenne et s’opposer à la prolifération nucléaire est la position ferme, inébranlable et constante du gouvernement chinois. La Chine demande énergiquement à la RPDC de tenir ses engagements de dénucléarisation de la péninsule coréenne, de cesser toute action qui pourrait mener à une détérioration de la situation, et de reprendre le chemin des pourparlers à six. Sauvegarder la paix et la stabilité de l’Asie du Nord-Est correspond aux intérêts communs de toutes les parties. Le gouvernement chinois appelle toutes les parties à rester calmes face à la situation et à résoudre le problème par voie de concertation et de dialogue. La partie chinoise continuera à déployer des efforts inlassables pour résoudre le problème. October 09 SUITE DES AVENTURES DE NOE : EN ROUTE VERS VLADIVOSTOKJ'hésitais à modifier la planification du blog pour parler aujourd'hui de la grave crise en Asie déclenchée ce matin par les provocations nucléaires de la Corée du Nord, mais cela demande un peu de réflexion : je remets ce sujet à demain. En attendant, comme tous les lundis, voici la suite des aventures de Noé.
Salut la compagnie.
Apres mon deuxième mois sur l’île merveilleuse d’Olkhon où j’ai été accueilli comme un roi, j’ai fini pour cause de fin de visa par quitter tous les gens qui y séjournaient et qui ont finit par devenir de bons amis. Ma vie a été vraiment épanouie et les gens autour de moi chaleureux et vraiment généreux. Je n’aurais pas pu être mieux reçu. Devant tant de souvenirs et d’événements, difficile d’en citer un en particulier. Je suis notamment parti gravir la plus haute et vénérée montagne de l’île, le mont Jima, et suis allé en excursion en bateau pour cinq jours dans le nord du Baikal, dans la ville de Severbaikals, pour y faire de la spéléologie,... Et tout cela généreusement offert par mes hôtes. Pas un rouble sorti de la poche. Pour le reste, je vous promet de grands récits à mon retour.
Comme vous me connaissez, je n’ai pas pu m’empêcher de faire une grande fête de départ en invitant tout le monde et avec une belle table garnie, éclairée à la lueur des bougies. Avec mon ami Nicolaievitch, nous avons pour la dernière fois partagé de la musique ensemble à l’accordéon et à la flûte et j’ai pu par la suite écrire les partitions des morceaux russes pour vous en faire profiter quand je reviendrai en terre promise.
Nikita et Natalia, chez qui j’ai travaillé m’ont généreusement offert mon billet de train Iktoutsk-Vladivostok ainsi que quelques roubles pour acheter des habits, et j’ai donc pris le train en direction de l’extrême est de la Russie.
Dans le wagon, après la saison touristique et la fin des vacances scolaires, plus d’enfants et leurs mères, ce qui fait que l’ambiance est un peu moins chaleureuse que la dernière fois. Le wagon comportait neuf compartiments ouverts sur un couloir central, chacun comprenant six lits, ce qui fait un total de cinquante quatre passagers. Sur toutes ces personnes, une seule n’était pas Russe et parlait d’autres langues : moi. Mais j’ai tout de même pu sympathiser avec quelques jeunes d’une trentaine d’années qui ont essayé à maintes reprises de me faire boire de la Vodka. Me souvenant de mes dernières expériences en transsibérien, j’en suis reste au train… Nous étions souvent à bavarder ensemble et j’ai partagé une bonne partie des repas avec eux.
Maintenant, je me trouve en terre inconnue, et a l’heure où je vous écris, je vais certainement endurer la phase la plus pénible de mon voyage. D’autant plus dure après la douce vie dont je viens de profiter. En effet, dans cette immense ville de Vladivostok où il est impossible de pouvoir camper tranquillement, je n’ai aucun contact pour pouvoir y passer la nuit. Personne que je connaisse qui puisse m’aider... Avec mes maigres moyens financiers, je devrai trouver un bateau qui parte pour le Japon et qui veuille bien m’emmener gratuitement et m’employer à quelques tâches. Bien que déjà ce ne soit pas chose facile, il faudra en plus que je le fasse dans la langue de Tolstoï, ce qui ne va en rien faciliter les choses… De plus, je ne sais ni à qui m’adresser, ni où, ni que proposer comme service pour la traversée. Ajoutez à cela, arrivant au Japon sans visa particulier, qu’il faudra que je négocie avec les autorités nippones sans avoir de billet d avion qui prouve mon départ du pays ni sans savoir exactement comment je pourrai le quitter en bateau. Il faudra également que je puisse quitter la Russie en bonne et due forme avec cette police très entêtée et pas toujours amie du peuple…
Bon, assez bavardé, je vais me mettre sérieusement au travail à l’instant et peut-être qu’avec un peu de chance et l’aide de Dieu, je trouverai un capitaine compréhensif pour le pauvre petit Suisse que je suis.
A un prochain mail venant du Japon, j espère. Salut a tous. Je pense beaucoup a vous.
pour écrire à Noé : noe.maeder@heidimail.com October 07 LA FETE DE LA LUNE EN MUSIQUELa Fête de la Lune, appelée aussi Festival de la Mi-Automne dans la traduction, est certainement la fête traditionnelle la plus vivace aujourd’hui en Chine. Consacrée à la famille, elle consiste avant tout, pour les Chinois, à profiter de la semaine de vacances nationales d’octobre pour passer du temps en famille, quitte à devoir traverser le pays dans des trains bondés pour l’occasion. On y déguste aussi de petits gâteaux confectionnés spécialement pour l’occasion, que j’ai eu l’occasion de goûter, et dont certains sont délicieux – d’autres un peu plus surprenants pour nos goûts occidentaux…
Comme il y a de nombreux étrangers dans mon université et que nous ne sommes pas en mesure, comme le voudrait la tradition, d’aller rejoindre notre famille, la direction a organisé à notre attention une soirée musicale, pour que nous aussi soyons à la fête. Le concept était assez intéressant : proposer aux étudiants et autres collaborateurs de l’Université de présenter des productions musicales de leurs pays respectifs.
Je vais voir de quoi il s’agit. On a dressé une grande scène devant le bâtiment principal, on a pendu de gros lampions rouges, et on a décoré les arbustes de petits ampoules clignotantes qui font plus penser à Noël qu’à une fête d’automne – d’autant que l’automne ici à tendance à ressembler à un écrasant été indien. Après des discours officiels auxquels je ne comprends pas grand-chose, les festivités sont ouvertes. Des danseuses chinoises vêtues de ravissantes et longues robes blanches (voir photo) agitent des rubans rouges ; la chorégraphie est très simple mais du plus bel effet. Ce sont ensuite des femmes et des hommes du peuple Miao (une minorité ethnique chinoise) qui se produisent, avec des costumes flamboyants et d’impressionnants maquillages – je n’ai malheureusement pas pu prendre de photos, par manque d’éclairage.
La partie intéressante du spectacle s’arrête là, car les artistes suivants sont deux Chinois pédants et larmoyants qui nous interprètent un slow tout ce qu’il y a de plus industriel avec des effets de trémolo à bailler et un jeu de scène digne de l’Eurovision – l’Asiavision, est-ce que ça existe ? Puis c’est un groupe multiculturel, avec des Jaunes, des Blancs, des Noirs, en t-shirt de l’Université, qui entament des chœurs de boy-scouts en mimant des mouvements de foule, dans une sorte de comédie musicale de fête de paroisse. A ce stade, je commence à être fatigué et je rentre finir mes zùo ye…
October 06 « CAMARADES, SUIVONS SON EXEMPLE… »Pour clore notre petit dossier sur Norman Bethune, j’ai retrouvé les paroles d’une chanson en français qui avait été écrite en sa mémoire. Elle est, comme vous le verrez, directement inspirée du discours de Mao prononcé en son honneur et que vous avez pu lire sur ce blog la semaine passée. Je la dédie à mon ami Hervé, qui apprécie particulièrement cette joyeuse ritournelle et qui a dansé de nombreuses fois dessus, un verre à la main, à l’issue de nos folles soirées dans mon Helvétie natale… Il ne se passait pas une fête chez moi sans qu’il me demande de la passer quelques fois en boucle, provoquant un chœur général dans ma petite cuisine surpeuplée.
Je n’ai malheureusement pas retrouvé la chanson elle-même, donc si quelqu’un a le disque ou le MP3 de cette œuvre modeste et méconnue, je suis preneur. Il s’agit d’un enregistrement un peu saturé des années 60 ou 70 dans lequel un groupe de partisans chante, faisant alterner les solos masculins et féminins puis les chœurs (au refrain), en s’accompagnant seulement d’une guitare sèche et du crépitement d’un feu de bois (ou de la bande magnétique, on ne sait pas très bien)… Une chanson qui ravira les amateurs de communisme de fin de soirée !
En attendant le MP3, voici déjà les paroles (à chanter tous ensemble en tapant dans les mains) :
Bonne nouvelle de dernière minute, je viens de retrouver ce MP3 sur un site de musique révolutionnaire ! Elle se trouve sur un site de téléchargements marxistes-léninistes, sous la rubrique "Chants du Monde" ; le titre est "Canada : Chanson de Norman Bethune". Faites-vous plaisir !
PS : C'est aujourd'hui en Chine la Fête de la Lune ; je vous en dirai plus demain sur cette célébration traditionnelle qui compte comme une des plus importantes pour la population.
October 05 PUISQUE LES LECTEURS EN ONT DECIDE AINSI…Depuis le début de ce blog, c’est-à-dire depuis le mois d’août, je lis tous les messages qui me parviennent dans ma boîte e-mail et tente de répondre à tous les lecteurs qui me contactent, même s’il ne m’est pas possible de le faire aussi régulièrement que je le voudrais. En effet, si vous préférez souvent m’écrire des mails plutôt que de publier vos commentaires à même le blog, c’est que les blogs MSN ont un défaut : il faut nécessairement s’identifier pour poster un commentaire, et pour s’identifier, il faut avoir une adresse hotmail.
Parmi vos critiques – je parle des critiques sérieuses et constructives, pas du venin idéologique injecté à tout va par les ultras de la clique de Guy Sorman (pardon pour le pléonasme) et autres tristes sires – une remarque revient souvent : on me reproche d’accorder trop de place aux réflexions politiques et économiques (notamment par ma revue de presse et mes analyses) et pas assez à mes récits personnels de « découvreur » de Pékin. L'une de mes lectrices – elle se reconnaîtra – va même jusqu'à me reprocher mon "manque de nombrilisme"...
J’avoue que je ne suis qu’à moitié convaincu du bien-fondé de cette critique. J’ai peur qu’elle reflète une tendance actuelle de la lecture dans laquelle on préfère les récits anodins – ceux auxquels ont peut s’identifier personnellement – aux grandes idées et aux réflexions fondamentales. Certains lecteurs, si j’ai bien compris, préféreraient lire la description par le menu de mes repas (« le menu de mes repas »… jolie expression), de mes cours et de mes promenades dans le jardin, plutôt que de subir mes péroraisons sur le protectionnisme, le contrôle des médias ou les relations diplomatiques en Asie. Je suis un peu sceptique : qu’est-ce qui a réellement de l’importance ?
Moi aussi, comme vous, je suis un lecteur de romans. Il m’arrive assez souvent d’en lire un, et pas seulement entre deux traités de sciences politiques ! J’aime donc les récits, les lire comme les écrire, et je m’intéresse beaucoup à la narration autobiographique – je me suis déjà occupé dans le passé d’un blog consacré entièrement à ce genre littéraire et que certains de mes amis connaissent bien. Parler de mes aventures en Chine, en y mettant les formes, ne me pose donc aucun problème. Mais je ne souhaite pas tomber dans le piège de l’anecdote gratuite.
Lorsqu’on arrive dans un pays si différent que la Chine comme étranger, rien de ce qui peut nous arriver n’est vraiment anodin, et aucun événement n’est vide de sens, car chaque spectacle, chaque parole, chaque action, nous apprend quelque chose sur l’environnement dans lequel nous évoluons. Ainsi, derrière chaque anecdote, il y a un sens – un peu comme dans une fable, si vous voulez – et il s’agit de le mettre en lumière, ou du moins d’en donner quelques interprétations, sinon cette anecdote apparaîtra aux lecteurs comme une anecdote gratuite. Chaque interaction que j’ai avec les Chinois, chaque découverte que je fais à Pékin, chaque situation à laquelle je me trouve confronté, m’apprend quelque chose, me révèle une information, ou soulève une interrogation sur le milieu, la mentalité, l’esprit de la Chine. Et puisque rien n’est gratuit, puisque tout a un sens, je dois convenir avec vous, en fin de compte, que raconter mes petites aventures personnelles pourrait avoir quelque intérêt.
Je prend donc en compte vos critiques, et pour satisfaire mes lecteurs, je profite du passage au mois d’octobre pour changer quelque peu ma ligne éditoriale. Je continuerai, quand je le jugerai intéressant, de reproduire l’une ou l’autre dépêche de presse (mais toujours sous forme d’extraits très courts) et de commenter l’actualité, ainsi que de revenir de temps à autre sur un personnage ou un événement historique, mais je laisserai une place plus importante au récit de mes aventures, et je profiterai de l’extension de cet espace pour vous proposer davantage d’illustrations, notamment les photos et de petits croquis que je m’amuse à faire pendant mes temps morts. Ainsi, tout le monde sera content, y compris les amateurs de vie privée, de faits divers, de blog-réalité et de soirées-diapositives. Le prochain changement de formule devrait être le passage au format tabloïd, mais j’essaierai de m’arrêter avant…
Et dire qu’il y en aura encore pour dire que je ne fais pas de concession… October 03 FETE NATIONALE : UNE LONGUE NUIT DANS LA FOULE PEKINOISEA l’heure où j’écris, je suis en vacances pour une semaine. Nous fêtons en effet la Fête nationale et la grande majorité des Chinois ont droit à cette occasion à sept jours de congé. Quand je dis sept, c’est bien sept, pas un de plus ! On n’a pas l’habitude ici, de faire comme chez nous des ponts pour relier week-ends et jours fériés et rajouter des jours de congé ; en Chine, ce serait plutôt le contraire : pour être sûr qu’on ne se repose pas plus que sept jours, la semaine s’arrête exactement le samedi, veille de la Fête nationale, et reprend très précisément une semaine plus tard, c’est-à-dire… dimanche prochain ! Pour moi, ce sera une première : aller suivre mes cours à l’Université un dimanche sera une expérience tout à fait inédite.
Pour rappel, la Fête nationale chinoise célèbre le souvenir du 1er Octobre 1949, date de la proclamation de la République populaire de Chine par Mao Zedong.
Wang Jing, mon amie setchouanaise, me demande ce que je veux faire en ce jour symbolique. Elle m’a parlé de la cérémonie du drapeau ; je suis intéressé à y assister et elle propose de m’y accompagner. Cette cérémonie consiste à hisser un grand drapeau chinois au centre de la place Tiananmen à l’aube du 1er Octobre, lorsque paraissent les premiers rayons du soleil. Les Chinois se rendent chaque année par centaine de milliers (j’insiste sur ce chiffre, il est exact) pour y participer. Et on n’y trouve pas que des Pékinois, mais également des Chinois de provinces très reculées, qui ont fait un long voyage, demandant même parfois des jours de congé supplémentaires, pour venir à Pékin. Ils arrivent aux abords de la place dès la soirée de la veille et dans la nuit, car il est impossible de trouver une place en vue du drapeau si on débarque en même temps que le soleil ; il faut s’y prendre à l’avance et être patient. La nuit du 30 septembre au 1er Octobre semble donc être un grand moment patriotique pour les Chinois, et je suis très intéressé à me joindre à eux pour voir cela de plus près.
Vers 22h30, je prends un bus devant mon Université qui, après une heure de trajet, m’amène directement dans le quartier de Tiananmen. Le bus, déjà à cette heure, est bondé ; je ne pensais pas qu’il était possible d’entasser autant de personnes dans un véhicule. Certains, même, n’ont pas de place pour poser leurs pieds et sont obligés de se tenir aux barres de sécurité en gigotant pour poser un pied de temps à autre contre une vitre ou ailleurs, histoire de ne pas s’épuiser. Lorsque quelqu’un a l’idée saugrenue de vouloir sortir à une station intermédiaire, personne ne s’écarte pour lui laisser le passage – pas par mauvaise volonté, mais par impossibilité technique – mais plusieurs personnes le poussent vigoureusement du côté de la porte, jusqu’à ce qu’enfin, le voyageur soit éjecté sur le trottoir. Plusieurs portes sont restées ouvertes, car il est impossible de les fermer ; c’est un miracle si personne n’est tombé pendant la course – mais il faut dire que le bus ne va pas très vite, pris dans l’embouteillage parmi la multitude des véhicules qui convergent vers Tiananmen.
Pour le moment, la place est fermée, clôturée par des barrières et de nombreux policiers ; elle n’ouvrira qu’en fin de nuit, pour la cérémonie. La foule est réunie sur les places et les parcs tout autour, ainsi que sur plusieurs grandes rues qui ont été fermées à la circulation. Et quand je parle de foule, le terme n’est pas exagéré : j’ai lu le lendemain dans la presse qu’il y avait là 220'000 personnes. 219'999 Chinois …et moi, et moi, et moi – comme dit la chanson. En effet, je ne rencontre pas un seul visage occidental dans la masse, ni n’entends une autre langue que le mandarin. Certains Chinois me regardent avec surprise, visiblement amusés de voir ici un étranger, et plusieurs me hèlent en poussant des « Hello ! » tonitruants et suraccentués.
Je retrouve Jing devant le palais des Jeux Olympiques (un grand bâtiment blanc qui présente un décompte électronique géant des jours, des heures, des minutes et des secondes qu’il reste à attendre avant l’ouverture des Jeux de 2008). Elle me présente cinq de ses amies – dont j’avoue que j’ai oublié les noms – elles aussi étudiantes. Les présentations faites, nous nous asseyons un moment sur le sol, là où nous trouvons une place, ce qui n’est pas facile, car toute la rue a comme un aspect de Woodstock : de nombreux groupes, souvent composés de jeunes, sont assis çà et là – entassés serait sans doute un mot plus juste – et jouent au mah-jong et aux cartes en attendant le matin. D’autres dorment, roulés en boule comme des chats ou recouverts de papier journaux. Cà et là, on chante, souvent des chants patriotiques, et l’ambiance est très sympathique. Mais cette situation, presque confortable, ne dure pas, car des policiers arrivent et nous demandent de dégager les lieux ; des véhicules militaires doivent passer par là pour se rendre sur la place, et on nous déplace ailleurs, un peu comme un troupeau, en aboyant un peu pour être sûr que tous les bestiaux restent groupés. Difficile de faire autrement que de rester groupés à vrai dire, car le groupe est partout, et ce que nous pourrions appeler l’espace a maintenant complètement disparu.
Après nous êtres perdus et retrouvés une ou deux fois les uns les autres, nous décidons – si le mot « décider » a encore un sens quand la liberté de mouvement est si restreinte – de regarder passer quelques bataillons de l’Armée Rouge qui se rendent à Tiananmen en passant sur un avenue à côté de nous. Nous sommes au premier rang, plaqués contre les cordons de sécurité ; il est étonnant que ces derniers ne se soient pas rompus car la pression de la foule était vraiment très forte, et si les policiers n’étaient pas là pour nous pousser dans le sens inverse (et ainsi assurer ce qui pourrait s’apparenter à un équilibre des forces), la masse aurait sûrement débordé sur l’avenue dans un désordre effroyable, ce qui aurait sans doute valu à bon nombre de se faire piétiner accidentellement.
Pour une raison qui m’échappe, les policiers insistent régulièrement pour nous faire reculer encore davantage en resserrant le cordon de sécurité. Peu à peu, le trottoir nous est confisqué et on nous fait reculer toujours plus loin. Ainsi, lorsqu’on croit qu’il est impossible d’être plus compressé, lorsqu’on croit qu’au-delà de ce stade, l’espace ne peut pas se resserrer davantage, c’est faux ; la masse humaine a des vertus élastiques insoupçonnées. Puis on nous fait déplacer encore une fois, car on a besoin de toute l’avenue pour faire venir je ne sais quel escadron. Par chance, nous parvenons à nous replier dans un parc où la densité de population est un peu moindre (ceci étant relatif, vous en jugerez vous-mêmes par les photos prises dans le parc).
Nous restons là quelques heures, devant une station de métro fermée, dans la demi obscurité, à attendre l’aube en écoutant claquer les grands drapeaux rouges juste au dessus de nous. Je discute un moment avec une jeune fille et un jeune homme du Hunan, qui me vantent les attraits de leur province et m’invitent à venir la visiter pendant les prochaines vacances. Un peu plus tard, alors que mes interlocuteurs se sont endormis, une autre étudiante que je ne connais pas, mais qui a entendu que je parlais anglais, vient engager la conversation avec moi. Elle vient du Setchouan – encore ! – et m’explique qu’elle a fait le voyage avec ses cousins pour venir célébrer le 1er Octobre à Pékin. Le Setchouan côtoyant le Tibet, je vous laisse imaginer l’étendue du voyage… Plus encore que d’habitude, les Chinois sont très ouverts cette nuit, abordant facilement les étrangers – l’étranger en l’occurrence – avec une grande spontanéité. L’atmosphère est joyeuse et détendue malgré le pullulement humain dans tout le quartier, et ceux qui pensent, comme certains chantres de la clique de Guy Sorman, que les Chinois n’ont pas d’humour devraient venir faire un tour dans une manifestation telle que celle-là, cela les décrisperait un peu.
Puis nous entendons le battement des tambours. Nous nous levons et affluons – c’est le mot le plus juste – vers la place Tiananmen qui est maintenant ouverte au public. Nous attendons là environ une heure, scrutant la perche le long de laquelle s’élèvera bientôt le drapeau. Le ciel est maintenant teinté de bleu sombre, et la température a passablement baissé. Certains sortent des petites laines, on emballe les bébés dans des couvertures. Chacun attend dans la bonne humeur, et personne ne semble montrer de signe de fatigue. La masse est compacte. D’où nous sommes, je regarde le palais central de la place, orné du tableau géant de Mao, et j’observe sa couleur rouge apparaître au fur et à mesure que le soleil se lève.
Il est 06h00, c’est l’aurore. La foule est prise d’un grand mouvement, tous les yeux se tournent vers le centre de la place. Lentement, le drapeau chinois est hissé sur la perche, alors qu’on entame les premières notes de l’hymne national – que l’on entend très mal d’où je suis, tant la place est grande. Le drapeau est arrivé en haut, il flotte maintenant, rouge éclatant, dans la brise matinale. Une nuée de colombes est lâchée qui s’envole dans le ciel. La foule laisse éclater sa joie, et c’est une mer de bras qui s’agite, hérissée de petits drapeaux en papier, que chacun agite joyeusement, jusqu’aux bébés sur les épaules de leurs parents, dans la clameur de milliers de voix.
Après avoir laissé le gros de la foule se dissoudre, nous quittons la place et allons prendre le petit-déjeuner dans un quartier populaire non loin de là où quelques échoppes sont ouvertes. Au menu : des mian tiaor, des nouilles tièdes au soja, avec quelques bao zi, des petits pains farcis à la viande. Il est surprenant de voir les rues encombrées par une population si dense et si hétérogène, un dimanche matin – férié en plus ! – alors qu’il n’est même pas encore sept heures.
Ce que je retiens de cette nuit, c’est l’impression d’une grande communion populaire dans un esprit de simplicité – la cérémonie en tant que telle est assez basique – et d’enthousiasme. Qui, en Europe, traverserait la moitié du continent et patienterait toute une nuit dans la foule pour voir simplement hisser un drapeau sur une perche ? Ce patriotisme sain et décomplexé, si étranger à nous autres Occidentaux à qui l’histoire du siècle nous a retiré cette joie-là, fait plaisir à voir. Rien de vindicatif dans cette expression populaire, simplement de l’attachement à la patrie, et à la République qui en est garante. Quand on assiste à un tel spectacle, on se dit que l’unité chinoise, malgré toutes les dissensions internes aux pays, n’est pas que de façade, et que la thèse de l’ « émergence pacifique », omniprésente dans le discours diplomatique chinois, n’est peut-être pas qu’un slogan creux. rectification : En parcourant d'autres blogs, je me suis rendu compte que contrairement à ce que je croyais, je n'étais pas le seul Occidental à avoir participé à cette célébration. Il y avait là notamment M. Olivier le Clouërec, journaliste français, à qui je me suis permis d'emprunter deux photos (la vingt-sixième et la trente-deuxième) et Mayou et Neric, deux étudiants qui présentent ces jours un diaporama sur cette nuit du 1er Octobre. Les trente-quatrième et trente-cinquème photos sont quant à elles issues des médias officiels. Toutes les autres sont de moi.
LES LYCEENS DE PEKIN VOLONTAIRES POUR GARDER LA PLACE TIANANMENSuite à mon texte sur la formation militaire dans les Universités, voici une dépêche de China.com qui concerne la formation des lycéens comme gardiens d'un monument dédié aux héros du régime :
L'Equipe des Pionniers Adolescents va reprendre du service à côté du Mémorial des Héros du Peuple, sur la place Tiananmen à partir du 30 septembre, a déclaré Hu Jiulong, chef du Département des lycées et des adolescents du Comité du Parti Communiste de Beijing, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue récemment. Ces lycéens des huit arrondissements de Beijing remplaceront ainsi les gardes et suivront le même entraînement militaire. Cette mesure constitue élément important de l'Education patriotique. « Cela va rétablir un rite irremplaçable et permettre aux jeunes Chinois de vivre leur ardeur patriotique », a-t-il expliqué. Depuis sa mise en place en 1986, 300.000 jeunes de Beijing ont suivi chaque année un tel entraînement, avec une suspension en 2003 en raison de la crise du SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère). Selon des sources officielles, douze membres de l'Equipe des Pionniers Adolescents divisés en trois groupes seront en poste chaque matin de 9 heures à 10 heures dès le 30 septembre pendant un mois et de nouveau d'avril à octobre prochains, comme chaque année. Revêtus d'uniformes, ils appliqueront les mêmes gestes que les gardes officiels. un autre article intéressant trouvé cette fois sur Beijing Information. Intitulé "Comment Interprêter Mao", il oppose les visions de trois historiens, un Chinois et deux Américains, sur l'oeuvre accomplie par Mao Zedong en Chine. Analyse très intéressante, qui ne se contente pas de dresser un portrait de façade mais propose des réflexions de fond.
Vous pouvez lire l'interview sur le lien suivant : http://www.bjinformation.com/fawen2006/2006-40/200640-fm1.htm October 02 UNE TREVE BIENVENUE SUR L’ACCUEILLANTE ÎLE D’OLKHONVous êtes plusieurs à m'avoir demandé des nouvelles du 1er Octobre, la Fête nationale chinoise, à laquelle j'ai participé comme spectateur. Je vous raconterai tout ça demain, promis, avec photos à l'appui, mais en attendant, je ne veux pas troubler la planification du blog, et je laisse la parole, comme chaque lundi, à Noé, pour nous raconter la suite (3e épisode) de ses aventures.
résumé des épisodes précédents : Noé, qui a séjourné quelques temps à Moscou dans une famille, prend le mythique transsibérien pour se rendre à Irkoutsk. De là, il joint l'île paradisiaque d'Olkhon où on lui confie du travail en échange du gîte et du couvert.
Bonjour a tous.
Je n’ai pas pu vous répondre auparavant car Internet sur l’île est assez capricieux. Il faut prendre son mal en patience et l’accepter. Je ne pourrai malheureusement pas vous répondre à tous personnellement étant donne le nombre d’e-mails que j’ai reçu et également parce que je paie Internet à la minute.
Je ne me souviens pas où j avais laissé le récit la dernière fois, mais toujours est-il que je suis toujours sur l’île d’Olkhon où je compte rester encore un bon mois. Notamment parce que mon visa me le permet, mais aussi parce que les conditions de vie sont vraiment très agréables. Je ne fonctionne pas avec une montre et me réveille le matin quand je n’ai plus sommeil (généralement entre 10h et 11h). Puis je vais me rendre utile à gauche à droite, et cuisine quelques gâteaux que les touristes peuvent acheter au bar (gâteaux à la rhubarbe ou aux pommes). Le soir, avec mon ami Nicolaievitch qui joue aussi bien de la guitare que de l’accordéon, nous faisons une petite prestation pour les touristes et j’ai pu apprendre quelques morceaux russes. J’espère au fil du voyage pourvoir collecter quelques morceaux typiques par pays et pouvoir vous les jouer a mon retour.
Sinon, je me suis fais plein d’amis ici et la plupart parlent soit anglais soit français, donc pas trop besoin d’apprendre le russe. Dans la journée, je donne également des cours de français, d’anglais et de japonais, et c’est une première pour moi. Mais comme mes élèves sont relativement débutants, ça reste dans le domaine du faisable.
Nous avons souvent beaucoup d’occasions de faire de petites fêtes le soir, à la lueur d une bougie, et la table est généralement très bien garnie. On mange plus qu’à satiété et on peut trouver des sushis, du gâteau, de la glace, du chocolat... Ce n est pas une très bonne discipline pour moi car je ne suis plus habitué au sac de trente kilos et je ne fais plus vraiment d’effort physique… Mais j’essaie de profiter d’être dans cet endroit reposant et magnifique. Apres, on verra bien. Une chose a la fois. pour écrire à Noé : noe.maeder@heidimail.com
photo : Noé aidant à la traite des vaches en jouant de la flûte pour rendre le lait plus onctueux
September 30 UNE RENTREE SCOLAIRE EN VERT KAKILe jour de la rentrée universitaire, connaissant mes aptitudes à me perdre, je me suis levé plus tôt que d’habitude et je suis parti dès l’aurore à la recherche de ma classe, passant d’un bureau à l’autre pour demander des renseignements. Alors que la plupart des autres liu xue shengs (étudiants débutants) dormaient encore à poings fermés, je me suis retrouvé le seul « long-nez » (c’est le surnom donné aux Blancs) sur le campus qui était déjà bien rempli à cette heure par une multitude d’étudiants chinois. Mais il n’y avait pas que ma couleur de peau qui me distinguait de la masse, il y avait quelque chose de beaucoup plus frappant : j’étais le seul civil – je veux dire que tous les autres, et ils étaient quelques centaines, portaient des uniformes militaires.
J’étais très étonné, car je savais que les lycéens chinois portaient l’uniforme, mais je pensais que ce n’était pas le cas à l’Université. Peut-être me trompais-je, peut-être n’était-ce pas des étudiants, mais bien des soldats. Mais à y regarder de plus près, voyant l’attitude de ces jeunes gens et le nombre des filles présentes (environ la moitié), je devais me rendre à l’évidence ; il s’agissait bien d’étudiants. D’autant que certains portaient des cartables, attendaient devant les bâtiments, exactement comme s’ils se rendaient aux cours. Des uniformes scolaires, certes, pourquoi pas, c’est une pratique courante dans de nombreux pays du monde – et j’y suis personnellement très favorable – mais pourquoi précisément des uniformes militaires ? Je repensais aux lycéennes, si mignonnes dans leurs jupes plissées et leurs marinières bleu-et-blanc…
En me déplaçant sur une autre partie du campus, sur un grand terrain herbeux proche de la porte principale, j’assiste à un spectacle encore plus curieux : une bonne soixantaine de ces étudiants-soldats marchent au pas en portant des drapeaux nationaux et des drapeaux rouges, suivant des ordres beuglés dans un mégaphone par un officier. Plus loin, plusieurs jeunes filles, les cheveux tenus dans un filet sous une casquette kaki, rampent avec une grande agilité dans le sable, tenant leur drapeau enroulé sous le bras. De plus loin encore, j’entends des paroles – que je ne comprends pas – répétées en chœur par un grand nombre. Ou je me trompe fort, ou cela ressemble à s’y méprendre à un entraînement militaire en bonne et due forme.
A la pause de midi, je vais me reposer un moment dans un des jardins du campus. Je m’assieds autour d’une petite table de pierre près de laquelle se trouvent déjà quatre étudiants-soldats qui fument des cigarettes et ont l’air épuisés. J’engage la conversation et leur pose quelques questions au sujet de ce qu’ils font. L’un d’eux m’explique qu’ils sont en première année à l’Université, et que tous les étudiants de cette année sont soumis à une formation militaire accélérée qui peut durer de quelques semaines à deux mois selon les universités. Même les filles ? Même les filles. Jing m’a d’ailleurs appris par la suite qu’elle avait suivie cette formation l’an passé comme toutes et tous ses camarades, et que c’était très éprouvant.
N’ayant jamais entendu parler de cette institution, je suis un peu étonné. L’étudiant qui m’a répondu, qui semble bien informé sur la question, m’explique que cette pratique a été instituée en 1989, peu après les incidents que l’on sait sur la place Tiananmen. J’imagine – même si je n’ose pas le dire – que le but de l’opération était alors de mater par la discipline toute velléité d’une nouvelle mutinerie estudiantine contre le pouvoir. J’ai lu un peu plus tard que les étudiants qui refusaient de se plier à cette formation étaient tout simplement renvoyés de l’Université. Mon interlocuteur a compris ce que je suggérais ; il hausse les épaules en tirant sur sa cigarette et me dit simplement : « Le pouvoir se trouve au bout du fusil », citant en anglais la célèbre parole de Mao. A côté de lui, un autre étudiant lui demande, avec une naïveté assez renversante : « C’est quoi, les incidents de 1989 ? »… L’autre ne répond pas. September 29 A LA MEMOIRE DE NORMAN BETHUNECe qui est intéressant dans le personnage de Bethune et ce qui est significatif de son aura, c’est qu’il est vraiment devenu un héros national en Chine, ce qui est un chose extrêmement rare pour un étranger. Le texte qui le montre le mieux est certainement ce discours que Mao prononça à sa mémoire le 21 décembre 1939, et que je vous retransmets ici dans son intégralité :
Le camarade Norman Béthune était membre du Parti communiste du Canada. Il avait une cinquantaine d'années lorsqu'il fut envoyé en Chine par le Parti communiste du Canada et le Parti communiste des Etats-Unis ; il n'hésita pas à faire des milliers de kilomètres pour venir nous aider dans la Guerre de Résistance contre le Japon. Il arriva à Yenan au printemps de l'année dernière, puis alla travailler dans le Woutaichan où, à notre plus grand regret, il est mort à son poste. Voilà donc un étranger qui, sans être poussé par aucun intérêt personnel, a fait sienne la cause de la libération du peuple chinois. Quel est l'esprit qui l'a inspiré? C'est l'esprit de l'internationalisme, du communisme, celui que tout communiste chinois doit s'assimiler. Le léninisme enseigne que la révolution mondiale ne peut triompher que si le prolétariat des pays capitalistes soutient la lutte libératrice des peuples coloniaux et semi-coloniaux et si le prolétariat des colonies et semi-colonies soutient la lutte libératrice du prolétariat des pays capitalistes. Le camarade Béthune a mis en pratique cette ligne léniniste. Nous, membres du Parti communiste chinois, devons faire de même. Il nous faut nous unir au prolétariat de tous les pays capitalistes, au prolétariat du Japon, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de l'Allemagne, de l'Italie et de tout autre pays capitaliste, pour qu'il soit possible d'abattre l'impérialisme, de parvenir à la libération de notre nation et de notre peuple, des nations et des peuples du monde entier. Tel est notre internationalisme, celui que nous opposons au nationalisme et au patriotisme étroits. L'esprit du camarade Béthune, oubli total de soi et entier dévouement aux autres, apparaissait dans son profond sens des responsabilités à l'égard du travail et dans son affection sans bornes pour les camarades, pour le peuple. Tout communiste doit le prendre pour exemple. Ils ne sont pas rares ceux à qui manque le sens des responsabilités dans leur travail, qui choisissent les tâches faciles et se dérobent aux besognes pénibles, laissant aux autres le fardeau le plus lourd et prenant la charge la plus légère. En toute chose, ils pensent d'abord à eux-mêmes, aux autres après. A peine ont-ils accompli quelque effort, craignant qu'on ne s'en soit pas aperçu, ils s'en vantent et s'enflent d'orgueil. Ils n'éprouvent point de sentiments chaleureux pour les camarades et pour le peuple, ils n'ont à leur endroit que froideur, indifférence, insensibilité. En vérité, ces gens-là ne sont pas des communistes ou, du moins, ne peuvent être considérés comme de vrais communistes. Parmi ceux qui revenaient du front, il n'y avait personne qui, parlant de Béthune, ne manifestât son admiration pour lui, et qui fût resté insensible à l'esprit qui l'animait. Il n'est pas un soldat, pas un civil de la région frontière du Chansi-Tchahar-Hopei qui, ayant reçu les soins du docteur Béthune ou l'ayant vu à l'œuvre, ne garde de lui un souvenir ému. Tout membre de notre Parti doit apprendre du camarade Béthune cet esprit authentiquement communiste. Le camarade Béthune était médecin. L'art de guérir était sa profession, il s'y perfectionnait sans cesse et se distinguait par son habileté dans tout le service médical de la VIIIe Armée de Route. Son cas exemplaire devrait faire réfléchir tous ceux qui ne pensent qu'à changer de métier sitôt qu'ils en entrevoient un autre, ou qui dédaignent le travail technique, le considérant comme insignifiant, sans avenir. Je n'ai rencontré qu'une seule fois le camarade Béthune. Il m'a souvent écrit depuis. Mais, pris par mes occupations, je ne lui ai répondu qu'une fois, et je ne sais même pas s'il a reçu ma lettre. Sa mort m'a beaucoup affligé. Maintenant, nous honorons tous sa mémoire, c'est dire la profondeur des sentiments que son exemple nous inspire. Nous devons apprendre de lui ce parfait esprit d'abnégation. Ainsi, chacun pourra devenir très utile au peuple. Qu'on soit plus ou moins capable, il suffit de posséder cet esprit pour être un homme aux sentiments nobles, intègre, un homme d'une haute moralité, détaché des intérêts mesquins, un homme utile au peuple. illustration : entretien de Bethune avec Mao
September 27 PROMENADE DOMINICALE AU CENTRE DE PEKINAu programme ce dimanche : promenade dans le centre de Pékin en compagnie de Wang Jing, une nouvelle amie setchouanaise (le Setchouan est une province chinoise, où se trouve notamment la ville de Chengdu) qui s’est proposée de me faire découvrir la ville et de m’aider à pratiquer mon chinois. Elle étudie les sciences économiques et politiques dans une autre Université, et s’est spécialisée, si j’ai bien compris, dans l’étude de la pensée de Deng Xiaoping. Ce serait là un sujet à approfondir, mais je préfère le remettre à une prochaine fois, car mes connaissances en langue ne me permettent pas de mener le débat très loin…
Après un rendez-vous un peu différé devant le Monument du Peuple en fin de matinée (nous avions oublié de préciser de quel côté du monument nous nous étions donnés rendez-vous, ce qui fait que nous pouvions nous trouver à peu près n’importe où sur la place Tiananmen), nous flânons ça et là dans le centre de Pékin. Inutile de vous préciser qu’ici, le mot dimanche ne signifie pas grand-chose – outre sa traduction de xing qi tian – tous les commerces sont ouverts, les travailleurs se bousculent sur toute la largeur du trottoir, les chantiers sont en branle un peu partout (ils le seront d’ailleurs également toute la nuit), et la seule chose qui nous rappelle que nous sommes censés être dans un jour de repos, c’est que le mausolée de Mao (l’endroit où est exposé son corps) est fermé, pour éviter une affluence qui est déjà forte la semaine mais qui serait ingérable le dimanche.
Nous passons devant le bâtiment dans lequel siège et travaille le Comité central du Parti. Construit en style traditionnel chinois – ou néo-traditionnel, je ne sais pas exactement si c’est de l’authentique ou de la copie rétro – l’édifice n’a rien à voir avec ce à quoi je m’attendais, c’est-à-dire avec une architecture stalinienne comme c’est le cas de nombreux bâtiments officiels à Pékin. Assez discret, pas du tout flamboyant, le bâtiment n’est gardé sur la rue que par trois policiers (du moins trois policiers visibles) et on aperçoit par la porte entrouverte que ce bâtiment n’est que le premier d’une longue série qui se cache derrière, et qui explique mieux qu’on puisse loger là-dedans une administration si importante.
Un peu plus loin, le long de la même rue, nous nous trouvons devant la plus grande librairie de Pékin, un building énorme – je n’ai pas compté les étages – qui est censé pouvoir proposer tout ce qui se publie en Chine. Nous souhaitons ensuite entrer dans un gong yuan (parc public) entouré d’un long mur rouge. Nous suivons le mur pour trouver le portail mais le parc semble être énorme, et c’est seulement après une heure de marche et plusieurs virages que nous trouvons l’entrée principale ! Ce square est vraiment à dimension chinoise : plusieurs kilomètres de surface, un lac artificiel qui ressemble à s’y méprendre à un vrai, une colline au sommet de laquelle domine un palais de l’époque impérial (authentique celui-là), et partout de petites forêts, des bosquets, des chemins, des bancs, et beaucoup de verdure.
Nous nous arrêtons un moment au bord du lac pour profiter du paysage et du calme (voir photos). Comme je l’ai déjà remarqué plusieurs fois lorsque je me trouve seul avec une Chinoise, les hommes qui passent me jettent des regards noirs. Ils ont malheureusement d’assez bonnes raisons de ne pas être tolérants en ce moment sur les contacts que pourraient avoir les wai guo ren (étrangers) avec la gent féminine locale – mais je reviendrai sur cette question un autre jour, dans un sujet consacré spécialement à cette délicate question sociologique.
Jing me fait ensuite visiter une hu tong typique. Les hu tongs sont des vieux quartiers traditionnels pékinois, datant d’avant l’arrivée de l’urbanisme moderne d’inspiration occidentale. Certains sont très étroits, ne laissant passer que les piétons ; d’autres, comme celui que nous traversons, ont des routes goudronnées comme les rues modernes et sont plus spacieux. Situé au centre-ville, il fait partie des quartiers où le mètre carré se vend le plus cher, ce qui explique la présence de petits commerces (épiceries, boucheries, etc.) aux prix très élevés. Il faut dire qu’en dehors des hu tongs, il n’existe presque plus aucun lieu d’habitation au centre de Pékin ; on ne trouve plus que des offices d’Etat, des entreprises, des commerces et des lieux publics. Il est donc regrettable que la municipalité de Pékin ait tendance ces dernières années à détruire plusieurs de ces hu tongs pour les remplacer par de nouvelles constructions en vue de 2008 et des événements que l’on sait, car outre leur qualité de logement, ils ont une valeur historique importante.
Dans le quartier que nous traversons, je remarque un phénomène typiquement chinois : l’habitude de faire sécher son linge, sous-vêtements compris, à même la rue (voir photo). Jing regrette que cette ancienne pratique perdure ; elle trouve que cet étalage d’effets personnels est tout à fait impudique, et donne une mauvaise image des habitants aux visiteurs. Je reviendrai une autre fois sur cette obsession des Chinois de donner une « bonne image » aux « visiteurs »…
Nous nous quittons de retour au Monument du Peuple alors qu’avec le soir, une petite pluie commence à tomber (après plus de trois semaines d’absence !) et nous repartons chacun dans nos universités respectives ; mon amie doit en effet prendre garde à ne pas rentrer après le couvre-feu, en vigueur dans tous les internats chinois. Je réussis à me perdre sur le chemin du retour, ne parvenant pas à retrouver la ligne de bus que je recherche, et après une heure d’errance dans la nuit pluvieuse, je me résous à prendre un taxi. J’ai ensuite l’occasion de me sécher et d’oublier les embouteillages (qui ne m’ont tout de même coûté que 31 yuans – environ cinq francs suisses – ce qui est tout à fait correct) devant un bon plat de jiao zi aux herbes.
September 26 MAUVAISES NOUVELLES DE SUISSELe 9 septembre dernier, Le Courrier, quotidien genevois, imaginait la chose suivante dans son éditorial :
Et bien, comme on pouvait s’y attendre, cette prédiction s’est hélas réalisée avant-hier. Le verdict démocratique a décidé de l’adoption des deux lois xénophobes proposées par l’UDC. Et ce n’est pas fini : grisé par sa victoire, Blocher ne s’estime pourtant pas encore satisfait, il promet une suite encore plus répressive et compte dès maintenant s’attaquer aux naturalisations, trop nombreuses à son goût. Où s’arrêtera-t-il ? Tant qu’une partie importante du peuple suisse le soutient, il continuera à mener notre pays droit dans le mur ; il n’y a pas de raison que cela s’arrête vu le faible impact des associations résistantes et des opposants.
Mais les victoires sur des scrutins tels que celui-là ne se traduisent pas forcément en victoires électorales par la suite. Croire cela serait oublier que l’UDC doit l’essentiel de son succès à un malentendu fondamental : la croyance d’une partie de la population (notamment les paysans et les ouvriers) que le parti défend leurs intérêts. Or, manifestement, rien n’est plus faux : cela fait longtemps que l’UDC a renié sa tradition agrarienne, abandonnant les paysans pour rejoindre les financiers et les grands patrons d’entreprise, et quant aux ouvriers, il ne les tient sous son influence que grâce à l’épouvantail de la concurrence étrangère et du dumping salarial. Si cet épouvantail venait à tomber (mais pour cela, il faudrait d’abord résoudre les problèmes réels posés par la concurrence étrangère sur le marché du travail), le masque tomberait également, et chacun s’apercevrait aisément ce qu’est l’UDC : un parti bourgeois de plus, au discours un peu moins châtré, mais recelant le même contenu libéral et mortifère.
Nous donnons une fois de plus une très mauvaise image de nous-mêmes aux autres pays du monde, et les médias internationaux ne se sont pas privés de commenter l’événement. Même la presse chinoise en a parlé, c’est dire ! En tant moi-même qu’étranger ici et soumis à diverses tracasseries (des broutilles en comparaison avec ce qui attend les personnes qui voudront désormais venir vivre en Suisse), je n’ai vraiment pas de quoi me vanter aujourd’hui. Un ami français, que j’ai croisé ce matin dans les couloirs de l’Université et qui avait vu pour la première fois la photo de Blocher dans Le Monde, m’a demandé : « Qui est ce type qui arrive à aller plus loin encore que Sarkozy sans faire descendre personne dans la rue ?... »
Pour peu qu’on soit un peu patriote, ce sont des choses qui font mal. Heureusement, la Suisse, c’est aussi (et surtout) autre chose, et j’espère que les gens ne l’oublieront pas. Faute de mieux, je me changerai les idées avec le 1er Octobre, la fête nationale chinoise, qui aura lieu dimanche. Ce sera certainement une expérience intéressante d’aller assister au lever de drapeau sur la Place Tiananmen – mais tout de même, « on n’emporte pas la patrie sous la semelle de ses souliers »…
pour participer au débat sur le résultat des votations :
September 25 MOSCOU, IRKOUTSK, OLKHON : SUITE DES AVENTURES DE NOEDeuxième épisode de notre feuilleton du lundi, le voyage de Noé de la Suisse au Japon.
résumé de l'épisode précédent : Noé se rend en auto-stop et en bus jusqu'à Moscou via l'Allemagne ; il est accueilli dans une famille russe. Il s'apprête à prendre le transsibérien pour rejoindre Irkoutsk.
Priviet mnia drouk ! (Salut les amis !)
Je me trouve actuellement sur une île magnifique nommée Olkhon se trouvant sur le lac Baïkal. Et je vous écris depuis chez Nikita et Natalia, chez qui je vais pouvoir rester environ un mois.
Depuis Moscou, j ai pris le transsibérien pendant 5 jours. J’étais dans un wagon à espace ouvert, avec des séparations de six personnes, et grâce à la promiscuité du voyage, j’ai pu connaître quelques Russes. Un couple notamment, Serguei et Elena, m’ont proposé au réveil de venir trinquer le Samagon (vodka très forte) avec eux. J’ai tenté dans mon russe le plus basique de leur faire comprendre que ce serait avec plaisir une fois que j’aurai pris un café. Et comme je pratique extrêmement bien cette langue, Serguei n’a rien compris et m’a chaleureusement tendu une tasse pleine de Samagon avec un grand sourire. J’étais donc obligé d’accepter. Pour faire passer l’alcool, il me tend ensuite une tranche de pain avec deux gros morceaux de gras blanc avec des couennes sur les côtés... C’était à peu près aussi difficile à avaler que le Samagon mais après, j’étais vraiment réveillé ! Je me croyais vraiment dans Les Bronzés font du Ski…
Durant le trajet, c’est fréquemment que nous avons partagé la nourriture avec les passagers et l’ambiance était assez intime. Le fait de rester bloqué cinq jours dans un wagon permet justement de faire la connaissance de gens qu’on ne rencontrerait pas autrement. J’ai sorti un jeu de Uno et ai pu sans trop de difficultés l’apprendre aux enfants, ce qui m’a permis par là même de sympathiser avec les parents.
Une Russe, Nastia, est également venue me voir pour pratiquer son anglais et nous sommes allés boire un verre dans le wagon-restaurant où nous avons rencontré deux Belges incroyables qui s’amusaient à saouler des Russes ! Ces derniers étaient vraiment étonnés de se faire battre par des étrangers et finissaient par sagement retourner à leur cabine…
Le dernier jour, Nastia m’a proposé de me faire visiter Irkoutsk et s’est arrangée pour que je puisse séjourner une nuit chez ses amis. Dans la ville, nous avons emprunté un minibus, qui est un moyen de déplacement entre le taxi et le bus. Mes amis m’ont même aidé à acheter un billet de bus Irkoutsk-Olkhon à la gare, car il faut dire que ce n’est vraiment pas facile de se débrouiller tout seul. Heureusement, jusqu’à maintenant, j’ai toujours eu de la chance. Dans la soirée, nous somme allés au bord du fleuve Angara sur la pelouse et nous avons apprécié quelques bières avec plein de jeunes Russes puis nous avons regagné l’appartement de mes amis se situant dans une ancienne caserne militaire où nous avons continué la fête. J’en ai profité pour sortir ma flûte.
Le lendemain, j ai pris un bus pour l’île d Olkhon sur le lac Baikal en compagnie exclusive de Russes ne parlant pas d’autres langues. Je commence à être habitué... Tout à coup, le chauffeur dit quelque chose au micro et les gens ferment les fenêtres et nous dévalons une pente de chaille en roue libre dans un gros nuage de poussière. Nous sommes secoués dans tous les sens mais nous nous en sortons indemnes. Il faut ensuite traverser une bande d’eau qui nous sépare de l’île grâce à un ferry pas très rapide. Apres plusieurs heures d’attente, nous sommes de l’autre côté et nous continuons la route en bus jusqu’au seul village de Khujir.
Aprés un moment, je finis par trouver mes contacts, Nikita et Natalia, qui ont des beds and breakfeast dans le village pour 200 personnes. Je leur explique que je n’ai pas d’argent mais que je voudrais travailler pour pouvoir rester. Ils m’acceptent selon ma demande pour environ un mois. Il faut dire que l’endroit est vraiment in-cro-yable. On dirait une sorte de village d’Astérix en bois avec plein de maison décorées et sculptées. Il y a beaucoup de jeunes de mon age qui y travaillent et nous faisons vite connaissance. Tout le monde est souriant et chaleureux, ce qui change pas mal du reste de la Russie. Dans la soirée, j’ai quartier libre et nous faisons un apéro entre jeunes. Tous ceux qui travaillent le font à la cool et l’ambiance est vraiment relax, genre camp de vacances. Puis nous allons nous baigner dans le Baïkal quelques secondes et nous allons au Banya, sorte de sauna russe où l’on fait des massages avec les feuilles des bouleaux. Je vais ensuite me coucher dans une yourte ronde mongole.
Le matin, je me lève sans heure précise car on commence le service selon notre convenance et je vais travailler à la réception. J’essaie de me familiariser avec le système. Heureusement, il y a beaucoup de personnes parlant anglais et même, étonnamment, pas mal qui parlent aussi français.
J’espère pourvoir rester sur place un petit moment puis, pour des questions de visa, repartir en direction de Vladivostok pour gagner le Japon. La suite du périple lundi prochain !
pour écrire à Noé : noe.maeder@heidimail.com September 24 CHERCHE PEKINOIS-E POUR PARTAGER POULETIl y a quelques jours, j’ai reçu un paquet de Mme Sun, la mère de Yiqi, que je n’ai encore jamais rencontrée, mais qui semble être aux petits soins pour moi, puisqu’elle m’a fait parvenir deux poulets, un 24-pack de Tsingtao (the famous and popular chinese beer in the world), du café, du sucre, et quelques vêtements chauds pour l’hiver, qui à Pékin est assez rude. Au départ, c’était trente bière qui m’étaient destinées, mais Yiqi est intervenue auprès de sa mère pour qu’elle renonce aux bières : elle s’inquiète toujours de l’état de mon petit ventre (qui n’est d’ailleurs qu’un fruit de son imagination). Pour la rassurer, sa mère est descendue à dix bières, et finalement, j’en ai reçu… vingt quatre ! Comme vous le voyez, le marchandage est une méthode qu’on adapte à toutes les sauces (et à tous les fûts) en Chine…
L’ennui, c’est que, seul, je n’arriverai jamais à manger ces deux poulets, c’est trop ! J’ai demandé à plusieurs de mes amis dans l’Université de partager, mais aucun n’a l’air très motivé (peut-être un reste de psychose lié à la grippe aviaire ?). Bref, je me trouve un peu emprunté avec ces deux poulets (déjà cuits, je précise) qui remplissent mon petit frigo – ce qui fait râler mon colocataire qui ne sait plus où ranger sa vodka – et je cherche quelqu’un qui voudrait bien partager avec moi la volaille de la fraternité. Alors si vous êtes Pékinois-e (ou étranger-e à Pékin, c’est égal) et que vous criez famine, faites-moi signe, écrivez-moi un mail, et le problème sera ainsi résolu ! Comme je l’ai dit plus haut, il y a assez de bière pour accompagner tout ça.
Bon appétit !
September 23 « PERCER A JOUR LE MENSONGE ET ORIENTER L’OPINION PUBLIQUE »Je reproduis ci-dessous des extraits d’une interview accordée par Cai Wu, directeur du Bureau d’information du Conseil des Affaires d’Etat, au site Beijing Information. M. Cai Wu nous en apprend plus sur le nouveau règlement relatif aux agences de presse étrangère, dont nous avons parlé hier, ainsi que des nouveaux porte-parole que forme le gouvernement pour informer les médias étrangers sur ses travaux. Il se préoccupe de l’image que la Chine donne à l’étranger, et rappelle ses objectifs de développement pacifique, tout en affirmant ne pas refuser la provocation dans le contact avec les médias… La publication d’informations joue un rôle de plus en plus important dans le travail du PCC et du gouvernement chinois. Publier les informations de source autorisée et expliquer les questions qui intéressent le public à travers les conférences de presse peut aider le public à connaître les différents aspects de la société et informer la société entière des politiques du PCC et du gouvernement. Les conférences de presse augmentent la transparence des activités du gouvernement et du PCC et le respect du droit à l’information de la population. Enfin, la publication opportune des informations importantes en conférence de presse organisées par des organismes gouvernementaux […] aide à faire face et à réfuter les attaques de l’opinion anti-chinoise. […] Je crois qu’avec le progrès de la démocratie socialiste et avec l’ouverture plus large au monde extérieur, le gouvernement chinois et le PCC prêteront une plus grande attention à la transparence de leur travail pour satisfaire les besoins d’information du monde sur la Chine. […]
Dans le passé, le Bureau d’information ne travaillait qu’à l’offre d’une plateforme selon la demande de différents organes gouvernementaux. Maintenant, il joue un rôle d’orientation, de coordination et de surveillance et procède à la division organisationnelle stricte dans le but d’institutionnaliser et de normaliser l’annonce des nouvelles. […]
Les conférences se concentrent sur les questions cruciales, les sujets chauds et les incidents publics. Par exemple, pour les négociations sur le commerce textile entre la Chine et les États-Unis et entre la Chine et l’Europe, le deuxième vol spatial habité de la Chine, aussi bien que l’épidémie de grippe aviaire et la prévention et le contrôle en la matière, le Bureau d’information a invité des responsables des départements pertinents à rencontrer les médias pour leur expliquer la position du gouvernement. […] Les fonctions de publication de nouvelles peuvent se résumer comme suit : informer les médias des nouvelles, présenter les politiques, donner des explications, percer à jour le mensonge, clarifier les faits et orienter l’opinion publique. Les porte-parole doivent non seulement avoir les points de vue et les positions corrects, mais aussi être aptes à communiquer et échanger. […] Je préfère les questions provocantes parce que ce sont les questions auxquelles le public prête le plus d’attention et dont il a envie d’entendre la réponse. Quand je réponds à ces questions, la réponse se répand largement et les bonnes réponses apportent de bons effets. […] J’ai dit une fois que dans le passé, comme on ne présentait pas de manière appropriée le développement de la Chine au monde, cela entraînait des malentendus dans le monde. Bon nombre de fonctionnaires travaillaient dans un milieu relativement fermé et ne savaient pas communiquer avec les médias, surtout les médias étrangers. […]
[L’image de la Chine] est une image de paix et développement, de civilisation et de progrès, de démocratie et de légalité, de réforme et d’innovation, ainsi que d’ouverture sur l’extérieur et de coopération « gagnant-gagnant ». C’est la meilleure description de la Chine contemporaine. J’aimerais noter que, quand on présente l’image de la Chine au reste du monde, il faut cibler le fait que la Chine s’est engagée à suivre une voie de développement pacifique. La poursuite du développement pacifique est un engagement politique solennel de la Chine envers la communauté internationale. C’est un choix inévitable du peuple chinois qui a souffert amèrement de l’invasion, du pillage et de l’oppression des puissances impérialistes depuis la guerre de l’Opium en 1840. C’est aussi un choix inévitable des traditions historiques et culturelles de la Chine, et un choix inévitable du courant historique de paix, de développement et de coopération. En suivant cette voie, nous œuvrons, dans le pays, à la construction du socialisme à la chinoise en nous concentrant sur la réforme, la construction et le développement.
À la lumière du concept scientifique de développement, nous nous adonnons à établir une société marquée par :
En même temps, nous portons haut levé la bannière de la paix, du développement et de la coopération, et joignons nos efforts à ceux des autres pays pour édifier un monde harmonieux de paix durable et de prospérité commune. L’essence de la voie empruntée par la Chine vise à réaliser son propre développement en se saisissant les occasions favorables de paix dans le monde et, en revanche, à mieux sauvegarder et favoriser la paix mondiale et le développement commun par son propre développement. La Chine ne cherchera jamais l’hégémonie et restera une force ferme dévouée à la sauvegarde de la paix mondiale et à la promotion du développement commun.
J’aimerais signaler qu’il faut un effort de longue haleine pour inculquer au monde une compréhension objective et générale de la Chine, parce que la Chine est un grand pays au développement inégal entre les régions. Historiquement, il y a seulement vingt-huit ans que la Chine mène la réforme et l’ouverture et son contact avec le reste du monde est encore limité. Des étrangers peuvent donc trouver que quelques Chinois communiquent facilement, d’autres pas. Avec l’élargissement de l’ouverture et l’augmentation des échanges internationaux, la communication et la compréhension entre la Chine et les autres pays se renforceront et s’amélioreront progressivement. […]
Avec les changements de la situation internationale et le développement économique et social de la Chine, des changements importants ont eu lieu dans l’opinion publique internationale face à la Chine. En premier lieu, l’élévation du statut international de la Chine et le renforcement de sa puissance nationale attirent de plus en plus l’attention du monde. Autant les gouvernements que les peuples veulent en savoir davantage au sujet de Chine. La proportion de reportages sur la Chine des médias étrangers continue d’augmenter. Deuxièmement, les reportages positifs, objectifs et neutres sur la Chine augmentent. Il y a de plus en plus de films, d’émissions de télévision et de produits audio-visuels étrangers qui apprécient la Chine ou présentent objectivement la situation en Chine. Troisièmement, les médias étrangers ont tendance à citer dans leurs reportages liés à la Chine plus d’informations et de faits publiés par les départements autorisés de Chine et des agences de presse dont Beijing Information.
Néanmoins, vu les nombreuses différences entre la Chine et d’autres pays, y compris la différence idéologique, les reportages sur la Chine sont peu nombreux ; les reportages irréels, incomplets ou négatifs de médias occidentaux sur la Chine restent un phénomène général. Pendant une assez longue période à venir, l’opinion publique internationale face à la Chine peut nous poser un grave défi ; nous devons faire des efforts inlassables pour remédier à cette situation défavorable. |
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