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9월 30일 UNE RENTREE SCOLAIRE EN VERT KAKILe jour de la rentrée universitaire, connaissant mes aptitudes à me perdre, je me suis levé plus tôt que d’habitude et je suis parti dès l’aurore à la recherche de ma classe, passant d’un bureau à l’autre pour demander des renseignements. Alors que la plupart des autres liu xue shengs (étudiants débutants) dormaient encore à poings fermés, je me suis retrouvé le seul « long-nez » (c’est le surnom donné aux Blancs) sur le campus qui était déjà bien rempli à cette heure par une multitude d’étudiants chinois. Mais il n’y avait pas que ma couleur de peau qui me distinguait de la masse, il y avait quelque chose de beaucoup plus frappant : j’étais le seul civil – je veux dire que tous les autres, et ils étaient quelques centaines, portaient des uniformes militaires.
J’étais très étonné, car je savais que les lycéens chinois portaient l’uniforme, mais je pensais que ce n’était pas le cas à l’Université. Peut-être me trompais-je, peut-être n’était-ce pas des étudiants, mais bien des soldats. Mais à y regarder de plus près, voyant l’attitude de ces jeunes gens et le nombre des filles présentes (environ la moitié), je devais me rendre à l’évidence ; il s’agissait bien d’étudiants. D’autant que certains portaient des cartables, attendaient devant les bâtiments, exactement comme s’ils se rendaient aux cours. Des uniformes scolaires, certes, pourquoi pas, c’est une pratique courante dans de nombreux pays du monde – et j’y suis personnellement très favorable – mais pourquoi précisément des uniformes militaires ? Je repensais aux lycéennes, si mignonnes dans leurs jupes plissées et leurs marinières bleu-et-blanc…
En me déplaçant sur une autre partie du campus, sur un grand terrain herbeux proche de la porte principale, j’assiste à un spectacle encore plus curieux : une bonne soixantaine de ces étudiants-soldats marchent au pas en portant des drapeaux nationaux et des drapeaux rouges, suivant des ordres beuglés dans un mégaphone par un officier. Plus loin, plusieurs jeunes filles, les cheveux tenus dans un filet sous une casquette kaki, rampent avec une grande agilité dans le sable, tenant leur drapeau enroulé sous le bras. De plus loin encore, j’entends des paroles – que je ne comprends pas – répétées en chœur par un grand nombre. Ou je me trompe fort, ou cela ressemble à s’y méprendre à un entraînement militaire en bonne et due forme.
A la pause de midi, je vais me reposer un moment dans un des jardins du campus. Je m’assieds autour d’une petite table de pierre près de laquelle se trouvent déjà quatre étudiants-soldats qui fument des cigarettes et ont l’air épuisés. J’engage la conversation et leur pose quelques questions au sujet de ce qu’ils font. L’un d’eux m’explique qu’ils sont en première année à l’Université, et que tous les étudiants de cette année sont soumis à une formation militaire accélérée qui peut durer de quelques semaines à deux mois selon les universités. Même les filles ? Même les filles. Jing m’a d’ailleurs appris par la suite qu’elle avait suivie cette formation l’an passé comme toutes et tous ses camarades, et que c’était très éprouvant.
N’ayant jamais entendu parler de cette institution, je suis un peu étonné. L’étudiant qui m’a répondu, qui semble bien informé sur la question, m’explique que cette pratique a été instituée en 1989, peu après les incidents que l’on sait sur la place Tiananmen. J’imagine – même si je n’ose pas le dire – que le but de l’opération était alors de mater par la discipline toute velléité d’une nouvelle mutinerie estudiantine contre le pouvoir. J’ai lu un peu plus tard que les étudiants qui refusaient de se plier à cette formation étaient tout simplement renvoyés de l’Université. Mon interlocuteur a compris ce que je suggérais ; il hausse les épaules en tirant sur sa cigarette et me dit simplement : « Le pouvoir se trouve au bout du fusil », citant en anglais la célèbre parole de Mao. A côté de lui, un autre étudiant lui demande, avec une naïveté assez renversante : « C’est quoi, les incidents de 1989 ? »… L’autre ne répond pas. 9월 29일 A LA MEMOIRE DE NORMAN BETHUNECe qui est intéressant dans le personnage de Bethune et ce qui est significatif de son aura, c’est qu’il est vraiment devenu un héros national en Chine, ce qui est un chose extrêmement rare pour un étranger. Le texte qui le montre le mieux est certainement ce discours que Mao prononça à sa mémoire le 21 décembre 1939, et que je vous retransmets ici dans son intégralité :
Le camarade Norman Béthune était membre du Parti communiste du Canada. Il avait une cinquantaine d'années lorsqu'il fut envoyé en Chine par le Parti communiste du Canada et le Parti communiste des Etats-Unis ; il n'hésita pas à faire des milliers de kilomètres pour venir nous aider dans la Guerre de Résistance contre le Japon. Il arriva à Yenan au printemps de l'année dernière, puis alla travailler dans le Woutaichan où, à notre plus grand regret, il est mort à son poste. Voilà donc un étranger qui, sans être poussé par aucun intérêt personnel, a fait sienne la cause de la libération du peuple chinois. Quel est l'esprit qui l'a inspiré? C'est l'esprit de l'internationalisme, du communisme, celui que tout communiste chinois doit s'assimiler. Le léninisme enseigne que la révolution mondiale ne peut triompher que si le prolétariat des pays capitalistes soutient la lutte libératrice des peuples coloniaux et semi-coloniaux et si le prolétariat des colonies et semi-colonies soutient la lutte libératrice du prolétariat des pays capitalistes. Le camarade Béthune a mis en pratique cette ligne léniniste. Nous, membres du Parti communiste chinois, devons faire de même. Il nous faut nous unir au prolétariat de tous les pays capitalistes, au prolétariat du Japon, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis, de l'Allemagne, de l'Italie et de tout autre pays capitaliste, pour qu'il soit possible d'abattre l'impérialisme, de parvenir à la libération de notre nation et de notre peuple, des nations et des peuples du monde entier. Tel est notre internationalisme, celui que nous opposons au nationalisme et au patriotisme étroits. L'esprit du camarade Béthune, oubli total de soi et entier dévouement aux autres, apparaissait dans son profond sens des responsabilités à l'égard du travail et dans son affection sans bornes pour les camarades, pour le peuple. Tout communiste doit le prendre pour exemple. Ils ne sont pas rares ceux à qui manque le sens des responsabilités dans leur travail, qui choisissent les tâches faciles et se dérobent aux besognes pénibles, laissant aux autres le fardeau le plus lourd et prenant la charge la plus légère. En toute chose, ils pensent d'abord à eux-mêmes, aux autres après. A peine ont-ils accompli quelque effort, craignant qu'on ne s'en soit pas aperçu, ils s'en vantent et s'enflent d'orgueil. Ils n'éprouvent point de sentiments chaleureux pour les camarades et pour le peuple, ils n'ont à leur endroit que froideur, indifférence, insensibilité. En vérité, ces gens-là ne sont pas des communistes ou, du moins, ne peuvent être considérés comme de vrais communistes. Parmi ceux qui revenaient du front, il n'y avait personne qui, parlant de Béthune, ne manifestât son admiration pour lui, et qui fût resté insensible à l'esprit qui l'animait. Il n'est pas un soldat, pas un civil de la région frontière du Chansi-Tchahar-Hopei qui, ayant reçu les soins du docteur Béthune ou l'ayant vu à l'œuvre, ne garde de lui un souvenir ému. Tout membre de notre Parti doit apprendre du camarade Béthune cet esprit authentiquement communiste. Le camarade Béthune était médecin. L'art de guérir était sa profession, il s'y perfectionnait sans cesse et se distinguait par son habileté dans tout le service médical de la VIIIe Armée de Route. Son cas exemplaire devrait faire réfléchir tous ceux qui ne pensent qu'à changer de métier sitôt qu'ils en entrevoient un autre, ou qui dédaignent le travail technique, le considérant comme insignifiant, sans avenir. Je n'ai rencontré qu'une seule fois le camarade Béthune. Il m'a souvent écrit depuis. Mais, pris par mes occupations, je ne lui ai répondu qu'une fois, et je ne sais même pas s'il a reçu ma lettre. Sa mort m'a beaucoup affligé. Maintenant, nous honorons tous sa mémoire, c'est dire la profondeur des sentiments que son exemple nous inspire. Nous devons apprendre de lui ce parfait esprit d'abnégation. Ainsi, chacun pourra devenir très utile au peuple. Qu'on soit plus ou moins capable, il suffit de posséder cet esprit pour être un homme aux sentiments nobles, intègre, un homme d'une haute moralité, détaché des intérêts mesquins, un homme utile au peuple. illustration : entretien de Bethune avec Mao
9월 27일 PROMENADE DOMINICALE AU CENTRE DE PEKINAu programme ce dimanche : promenade dans le centre de Pékin en compagnie de Wang Jing, une nouvelle amie setchouanaise (le Setchouan est une province chinoise, où se trouve notamment la ville de Chengdu) qui s’est proposée de me faire découvrir la ville et de m’aider à pratiquer mon chinois. Elle étudie les sciences économiques et politiques dans une autre Université, et s’est spécialisée, si j’ai bien compris, dans l’étude de la pensée de Deng Xiaoping. Ce serait là un sujet à approfondir, mais je préfère le remettre à une prochaine fois, car mes connaissances en langue ne me permettent pas de mener le débat très loin…
Après un rendez-vous un peu différé devant le Monument du Peuple en fin de matinée (nous avions oublié de préciser de quel côté du monument nous nous étions donnés rendez-vous, ce qui fait que nous pouvions nous trouver à peu près n’importe où sur la place Tiananmen), nous flânons ça et là dans le centre de Pékin. Inutile de vous préciser qu’ici, le mot dimanche ne signifie pas grand-chose – outre sa traduction de xing qi tian – tous les commerces sont ouverts, les travailleurs se bousculent sur toute la largeur du trottoir, les chantiers sont en branle un peu partout (ils le seront d’ailleurs également toute la nuit), et la seule chose qui nous rappelle que nous sommes censés être dans un jour de repos, c’est que le mausolée de Mao (l’endroit où est exposé son corps) est fermé, pour éviter une affluence qui est déjà forte la semaine mais qui serait ingérable le dimanche.
Nous passons devant le bâtiment dans lequel siège et travaille le Comité central du Parti. Construit en style traditionnel chinois – ou néo-traditionnel, je ne sais pas exactement si c’est de l’authentique ou de la copie rétro – l’édifice n’a rien à voir avec ce à quoi je m’attendais, c’est-à-dire avec une architecture stalinienne comme c’est le cas de nombreux bâtiments officiels à Pékin. Assez discret, pas du tout flamboyant, le bâtiment n’est gardé sur la rue que par trois policiers (du moins trois policiers visibles) et on aperçoit par la porte entrouverte que ce bâtiment n’est que le premier d’une longue série qui se cache derrière, et qui explique mieux qu’on puisse loger là-dedans une administration si importante.
Un peu plus loin, le long de la même rue, nous nous trouvons devant la plus grande librairie de Pékin, un building énorme – je n’ai pas compté les étages – qui est censé pouvoir proposer tout ce qui se publie en Chine. Nous souhaitons ensuite entrer dans un gong yuan (parc public) entouré d’un long mur rouge. Nous suivons le mur pour trouver le portail mais le parc semble être énorme, et c’est seulement après une heure de marche et plusieurs virages que nous trouvons l’entrée principale ! Ce square est vraiment à dimension chinoise : plusieurs kilomètres de surface, un lac artificiel qui ressemble à s’y méprendre à un vrai, une colline au sommet de laquelle domine un palais de l’époque impérial (authentique celui-là), et partout de petites forêts, des bosquets, des chemins, des bancs, et beaucoup de verdure.
Nous nous arrêtons un moment au bord du lac pour profiter du paysage et du calme (voir photos). Comme je l’ai déjà remarqué plusieurs fois lorsque je me trouve seul avec une Chinoise, les hommes qui passent me jettent des regards noirs. Ils ont malheureusement d’assez bonnes raisons de ne pas être tolérants en ce moment sur les contacts que pourraient avoir les wai guo ren (étrangers) avec la gent féminine locale – mais je reviendrai sur cette question un autre jour, dans un sujet consacré spécialement à cette délicate question sociologique.
Jing me fait ensuite visiter une hu tong typique. Les hu tongs sont des vieux quartiers traditionnels pékinois, datant d’avant l’arrivée de l’urbanisme moderne d’inspiration occidentale. Certains sont très étroits, ne laissant passer que les piétons ; d’autres, comme celui que nous traversons, ont des routes goudronnées comme les rues modernes et sont plus spacieux. Situé au centre-ville, il fait partie des quartiers où le mètre carré se vend le plus cher, ce qui explique la présence de petits commerces (épiceries, boucheries, etc.) aux prix très élevés. Il faut dire qu’en dehors des hu tongs, il n’existe presque plus aucun lieu d’habitation au centre de Pékin ; on ne trouve plus que des offices d’Etat, des entreprises, des commerces et des lieux publics. Il est donc regrettable que la municipalité de Pékin ait tendance ces dernières années à détruire plusieurs de ces hu tongs pour les remplacer par de nouvelles constructions en vue de 2008 et des événements que l’on sait, car outre leur qualité de logement, ils ont une valeur historique importante.
Dans le quartier que nous traversons, je remarque un phénomène typiquement chinois : l’habitude de faire sécher son linge, sous-vêtements compris, à même la rue (voir photo). Jing regrette que cette ancienne pratique perdure ; elle trouve que cet étalage d’effets personnels est tout à fait impudique, et donne une mauvaise image des habitants aux visiteurs. Je reviendrai une autre fois sur cette obsession des Chinois de donner une « bonne image » aux « visiteurs »…
Nous nous quittons de retour au Monument du Peuple alors qu’avec le soir, une petite pluie commence à tomber (après plus de trois semaines d’absence !) et nous repartons chacun dans nos universités respectives ; mon amie doit en effet prendre garde à ne pas rentrer après le couvre-feu, en vigueur dans tous les internats chinois. Je réussis à me perdre sur le chemin du retour, ne parvenant pas à retrouver la ligne de bus que je recherche, et après une heure d’errance dans la nuit pluvieuse, je me résous à prendre un taxi. J’ai ensuite l’occasion de me sécher et d’oublier les embouteillages (qui ne m’ont tout de même coûté que 31 yuans – environ cinq francs suisses – ce qui est tout à fait correct) devant un bon plat de jiao zi aux herbes.
9월 26일 MAUVAISES NOUVELLES DE SUISSELe 9 septembre dernier, Le Courrier, quotidien genevois, imaginait la chose suivante dans son éditorial :
Et bien, comme on pouvait s’y attendre, cette prédiction s’est hélas réalisée avant-hier. Le verdict démocratique a décidé de l’adoption des deux lois xénophobes proposées par l’UDC. Et ce n’est pas fini : grisé par sa victoire, Blocher ne s’estime pourtant pas encore satisfait, il promet une suite encore plus répressive et compte dès maintenant s’attaquer aux naturalisations, trop nombreuses à son goût. Où s’arrêtera-t-il ? Tant qu’une partie importante du peuple suisse le soutient, il continuera à mener notre pays droit dans le mur ; il n’y a pas de raison que cela s’arrête vu le faible impact des associations résistantes et des opposants.
Mais les victoires sur des scrutins tels que celui-là ne se traduisent pas forcément en victoires électorales par la suite. Croire cela serait oublier que l’UDC doit l’essentiel de son succès à un malentendu fondamental : la croyance d’une partie de la population (notamment les paysans et les ouvriers) que le parti défend leurs intérêts. Or, manifestement, rien n’est plus faux : cela fait longtemps que l’UDC a renié sa tradition agrarienne, abandonnant les paysans pour rejoindre les financiers et les grands patrons d’entreprise, et quant aux ouvriers, il ne les tient sous son influence que grâce à l’épouvantail de la concurrence étrangère et du dumping salarial. Si cet épouvantail venait à tomber (mais pour cela, il faudrait d’abord résoudre les problèmes réels posés par la concurrence étrangère sur le marché du travail), le masque tomberait également, et chacun s’apercevrait aisément ce qu’est l’UDC : un parti bourgeois de plus, au discours un peu moins châtré, mais recelant le même contenu libéral et mortifère.
Nous donnons une fois de plus une très mauvaise image de nous-mêmes aux autres pays du monde, et les médias internationaux ne se sont pas privés de commenter l’événement. Même la presse chinoise en a parlé, c’est dire ! En tant moi-même qu’étranger ici et soumis à diverses tracasseries (des broutilles en comparaison avec ce qui attend les personnes qui voudront désormais venir vivre en Suisse), je n’ai vraiment pas de quoi me vanter aujourd’hui. Un ami français, que j’ai croisé ce matin dans les couloirs de l’Université et qui avait vu pour la première fois la photo de Blocher dans Le Monde, m’a demandé : « Qui est ce type qui arrive à aller plus loin encore que Sarkozy sans faire descendre personne dans la rue ?... »
Pour peu qu’on soit un peu patriote, ce sont des choses qui font mal. Heureusement, la Suisse, c’est aussi (et surtout) autre chose, et j’espère que les gens ne l’oublieront pas. Faute de mieux, je me changerai les idées avec le 1er Octobre, la fête nationale chinoise, qui aura lieu dimanche. Ce sera certainement une expérience intéressante d’aller assister au lever de drapeau sur la Place Tiananmen – mais tout de même, « on n’emporte pas la patrie sous la semelle de ses souliers »…
pour participer au débat sur le résultat des votations :
9월 25일 MOSCOU, IRKOUTSK, OLKHON : SUITE DES AVENTURES DE NOEDeuxième épisode de notre feuilleton du lundi, le voyage de Noé de la Suisse au Japon.
résumé de l'épisode précédent : Noé se rend en auto-stop et en bus jusqu'à Moscou via l'Allemagne ; il est accueilli dans une famille russe. Il s'apprête à prendre le transsibérien pour rejoindre Irkoutsk.
Priviet mnia drouk ! (Salut les amis !)
Je me trouve actuellement sur une île magnifique nommée Olkhon se trouvant sur le lac Baïkal. Et je vous écris depuis chez Nikita et Natalia, chez qui je vais pouvoir rester environ un mois.
Depuis Moscou, j ai pris le transsibérien pendant 5 jours. J’étais dans un wagon à espace ouvert, avec des séparations de six personnes, et grâce à la promiscuité du voyage, j’ai pu connaître quelques Russes. Un couple notamment, Serguei et Elena, m’ont proposé au réveil de venir trinquer le Samagon (vodka très forte) avec eux. J’ai tenté dans mon russe le plus basique de leur faire comprendre que ce serait avec plaisir une fois que j’aurai pris un café. Et comme je pratique extrêmement bien cette langue, Serguei n’a rien compris et m’a chaleureusement tendu une tasse pleine de Samagon avec un grand sourire. J’étais donc obligé d’accepter. Pour faire passer l’alcool, il me tend ensuite une tranche de pain avec deux gros morceaux de gras blanc avec des couennes sur les côtés... C’était à peu près aussi difficile à avaler que le Samagon mais après, j’étais vraiment réveillé ! Je me croyais vraiment dans Les Bronzés font du Ski…
Durant le trajet, c’est fréquemment que nous avons partagé la nourriture avec les passagers et l’ambiance était assez intime. Le fait de rester bloqué cinq jours dans un wagon permet justement de faire la connaissance de gens qu’on ne rencontrerait pas autrement. J’ai sorti un jeu de Uno et ai pu sans trop de difficultés l’apprendre aux enfants, ce qui m’a permis par là même de sympathiser avec les parents.
Une Russe, Nastia, est également venue me voir pour pratiquer son anglais et nous sommes allés boire un verre dans le wagon-restaurant où nous avons rencontré deux Belges incroyables qui s’amusaient à saouler des Russes ! Ces derniers étaient vraiment étonnés de se faire battre par des étrangers et finissaient par sagement retourner à leur cabine…
Le dernier jour, Nastia m’a proposé de me faire visiter Irkoutsk et s’est arrangée pour que je puisse séjourner une nuit chez ses amis. Dans la ville, nous avons emprunté un minibus, qui est un moyen de déplacement entre le taxi et le bus. Mes amis m’ont même aidé à acheter un billet de bus Irkoutsk-Olkhon à la gare, car il faut dire que ce n’est vraiment pas facile de se débrouiller tout seul. Heureusement, jusqu’à maintenant, j’ai toujours eu de la chance. Dans la soirée, nous somme allés au bord du fleuve Angara sur la pelouse et nous avons apprécié quelques bières avec plein de jeunes Russes puis nous avons regagné l’appartement de mes amis se situant dans une ancienne caserne militaire où nous avons continué la fête. J’en ai profité pour sortir ma flûte.
Le lendemain, j ai pris un bus pour l’île d Olkhon sur le lac Baikal en compagnie exclusive de Russes ne parlant pas d’autres langues. Je commence à être habitué... Tout à coup, le chauffeur dit quelque chose au micro et les gens ferment les fenêtres et nous dévalons une pente de chaille en roue libre dans un gros nuage de poussière. Nous sommes secoués dans tous les sens mais nous nous en sortons indemnes. Il faut ensuite traverser une bande d’eau qui nous sépare de l’île grâce à un ferry pas très rapide. Apres plusieurs heures d’attente, nous sommes de l’autre côté et nous continuons la route en bus jusqu’au seul village de Khujir.
Aprés un moment, je finis par trouver mes contacts, Nikita et Natalia, qui ont des beds and breakfeast dans le village pour 200 personnes. Je leur explique que je n’ai pas d’argent mais que je voudrais travailler pour pouvoir rester. Ils m’acceptent selon ma demande pour environ un mois. Il faut dire que l’endroit est vraiment in-cro-yable. On dirait une sorte de village d’Astérix en bois avec plein de maison décorées et sculptées. Il y a beaucoup de jeunes de mon age qui y travaillent et nous faisons vite connaissance. Tout le monde est souriant et chaleureux, ce qui change pas mal du reste de la Russie. Dans la soirée, j’ai quartier libre et nous faisons un apéro entre jeunes. Tous ceux qui travaillent le font à la cool et l’ambiance est vraiment relax, genre camp de vacances. Puis nous allons nous baigner dans le Baïkal quelques secondes et nous allons au Banya, sorte de sauna russe où l’on fait des massages avec les feuilles des bouleaux. Je vais ensuite me coucher dans une yourte ronde mongole.
Le matin, je me lève sans heure précise car on commence le service selon notre convenance et je vais travailler à la réception. J’essaie de me familiariser avec le système. Heureusement, il y a beaucoup de personnes parlant anglais et même, étonnamment, pas mal qui parlent aussi français.
J’espère pourvoir rester sur place un petit moment puis, pour des questions de visa, repartir en direction de Vladivostok pour gagner le Japon. La suite du périple lundi prochain !
pour écrire à Noé : noe.maeder@heidimail.com 9월 24일 CHERCHE PEKINOIS-E POUR PARTAGER POULETIl y a quelques jours, j’ai reçu un paquet de Mme Sun, la mère de Yiqi, que je n’ai encore jamais rencontrée, mais qui semble être aux petits soins pour moi, puisqu’elle m’a fait parvenir deux poulets, un 24-pack de Tsingtao (the famous and popular chinese beer in the world), du café, du sucre, et quelques vêtements chauds pour l’hiver, qui à Pékin est assez rude. Au départ, c’était trente bière qui m’étaient destinées, mais Yiqi est intervenue auprès de sa mère pour qu’elle renonce aux bières : elle s’inquiète toujours de l’état de mon petit ventre (qui n’est d’ailleurs qu’un fruit de son imagination). Pour la rassurer, sa mère est descendue à dix bières, et finalement, j’en ai reçu… vingt quatre ! Comme vous le voyez, le marchandage est une méthode qu’on adapte à toutes les sauces (et à tous les fûts) en Chine…
L’ennui, c’est que, seul, je n’arriverai jamais à manger ces deux poulets, c’est trop ! J’ai demandé à plusieurs de mes amis dans l’Université de partager, mais aucun n’a l’air très motivé (peut-être un reste de psychose lié à la grippe aviaire ?). Bref, je me trouve un peu emprunté avec ces deux poulets (déjà cuits, je précise) qui remplissent mon petit frigo – ce qui fait râler mon colocataire qui ne sait plus où ranger sa vodka – et je cherche quelqu’un qui voudrait bien partager avec moi la volaille de la fraternité. Alors si vous êtes Pékinois-e (ou étranger-e à Pékin, c’est égal) et que vous criez famine, faites-moi signe, écrivez-moi un mail, et le problème sera ainsi résolu ! Comme je l’ai dit plus haut, il y a assez de bière pour accompagner tout ça.
Bon appétit !
9월 23일 « PERCER A JOUR LE MENSONGE ET ORIENTER L’OPINION PUBLIQUE »Je reproduis ci-dessous des extraits d’une interview accordée par Cai Wu, directeur du Bureau d’information du Conseil des Affaires d’Etat, au site Beijing Information. M. Cai Wu nous en apprend plus sur le nouveau règlement relatif aux agences de presse étrangère, dont nous avons parlé hier, ainsi que des nouveaux porte-parole que forme le gouvernement pour informer les médias étrangers sur ses travaux. Il se préoccupe de l’image que la Chine donne à l’étranger, et rappelle ses objectifs de développement pacifique, tout en affirmant ne pas refuser la provocation dans le contact avec les médias… La publication d’informations joue un rôle de plus en plus important dans le travail du PCC et du gouvernement chinois. Publier les informations de source autorisée et expliquer les questions qui intéressent le public à travers les conférences de presse peut aider le public à connaître les différents aspects de la société et informer la société entière des politiques du PCC et du gouvernement. Les conférences de presse augmentent la transparence des activités du gouvernement et du PCC et le respect du droit à l’information de la population. Enfin, la publication opportune des informations importantes en conférence de presse organisées par des organismes gouvernementaux […] aide à faire face et à réfuter les attaques de l’opinion anti-chinoise. […] Je crois qu’avec le progrès de la démocratie socialiste et avec l’ouverture plus large au monde extérieur, le gouvernement chinois et le PCC prêteront une plus grande attention à la transparence de leur travail pour satisfaire les besoins d’information du monde sur la Chine. […]
Dans le passé, le Bureau d’information ne travaillait qu’à l’offre d’une plateforme selon la demande de différents organes gouvernementaux. Maintenant, il joue un rôle d’orientation, de coordination et de surveillance et procède à la division organisationnelle stricte dans le but d’institutionnaliser et de normaliser l’annonce des nouvelles. […]
Les conférences se concentrent sur les questions cruciales, les sujets chauds et les incidents publics. Par exemple, pour les négociations sur le commerce textile entre la Chine et les États-Unis et entre la Chine et l’Europe, le deuxième vol spatial habité de la Chine, aussi bien que l’épidémie de grippe aviaire et la prévention et le contrôle en la matière, le Bureau d’information a invité des responsables des départements pertinents à rencontrer les médias pour leur expliquer la position du gouvernement. […] Les fonctions de publication de nouvelles peuvent se résumer comme suit : informer les médias des nouvelles, présenter les politiques, donner des explications, percer à jour le mensonge, clarifier les faits et orienter l’opinion publique. Les porte-parole doivent non seulement avoir les points de vue et les positions corrects, mais aussi être aptes à communiquer et échanger. […] Je préfère les questions provocantes parce que ce sont les questions auxquelles le public prête le plus d’attention et dont il a envie d’entendre la réponse. Quand je réponds à ces questions, la réponse se répand largement et les bonnes réponses apportent de bons effets. […] J’ai dit une fois que dans le passé, comme on ne présentait pas de manière appropriée le développement de la Chine au monde, cela entraînait des malentendus dans le monde. Bon nombre de fonctionnaires travaillaient dans un milieu relativement fermé et ne savaient pas communiquer avec les médias, surtout les médias étrangers. […]
[L’image de la Chine] est une image de paix et développement, de civilisation et de progrès, de démocratie et de légalité, de réforme et d’innovation, ainsi que d’ouverture sur l’extérieur et de coopération « gagnant-gagnant ». C’est la meilleure description de la Chine contemporaine. J’aimerais noter que, quand on présente l’image de la Chine au reste du monde, il faut cibler le fait que la Chine s’est engagée à suivre une voie de développement pacifique. La poursuite du développement pacifique est un engagement politique solennel de la Chine envers la communauté internationale. C’est un choix inévitable du peuple chinois qui a souffert amèrement de l’invasion, du pillage et de l’oppression des puissances impérialistes depuis la guerre de l’Opium en 1840. C’est aussi un choix inévitable des traditions historiques et culturelles de la Chine, et un choix inévitable du courant historique de paix, de développement et de coopération. En suivant cette voie, nous œuvrons, dans le pays, à la construction du socialisme à la chinoise en nous concentrant sur la réforme, la construction et le développement.
À la lumière du concept scientifique de développement, nous nous adonnons à établir une société marquée par :
En même temps, nous portons haut levé la bannière de la paix, du développement et de la coopération, et joignons nos efforts à ceux des autres pays pour édifier un monde harmonieux de paix durable et de prospérité commune. L’essence de la voie empruntée par la Chine vise à réaliser son propre développement en se saisissant les occasions favorables de paix dans le monde et, en revanche, à mieux sauvegarder et favoriser la paix mondiale et le développement commun par son propre développement. La Chine ne cherchera jamais l’hégémonie et restera une force ferme dévouée à la sauvegarde de la paix mondiale et à la promotion du développement commun.
J’aimerais signaler qu’il faut un effort de longue haleine pour inculquer au monde une compréhension objective et générale de la Chine, parce que la Chine est un grand pays au développement inégal entre les régions. Historiquement, il y a seulement vingt-huit ans que la Chine mène la réforme et l’ouverture et son contact avec le reste du monde est encore limité. Des étrangers peuvent donc trouver que quelques Chinois communiquent facilement, d’autres pas. Avec l’élargissement de l’ouverture et l’augmentation des échanges internationaux, la communication et la compréhension entre la Chine et les autres pays se renforceront et s’amélioreront progressivement. […]
Avec les changements de la situation internationale et le développement économique et social de la Chine, des changements importants ont eu lieu dans l’opinion publique internationale face à la Chine. En premier lieu, l’élévation du statut international de la Chine et le renforcement de sa puissance nationale attirent de plus en plus l’attention du monde. Autant les gouvernements que les peuples veulent en savoir davantage au sujet de Chine. La proportion de reportages sur la Chine des médias étrangers continue d’augmenter. Deuxièmement, les reportages positifs, objectifs et neutres sur la Chine augmentent. Il y a de plus en plus de films, d’émissions de télévision et de produits audio-visuels étrangers qui apprécient la Chine ou présentent objectivement la situation en Chine. Troisièmement, les médias étrangers ont tendance à citer dans leurs reportages liés à la Chine plus d’informations et de faits publiés par les départements autorisés de Chine et des agences de presse dont Beijing Information.
Néanmoins, vu les nombreuses différences entre la Chine et d’autres pays, y compris la différence idéologique, les reportages sur la Chine sont peu nombreux ; les reportages irréels, incomplets ou négatifs de médias occidentaux sur la Chine restent un phénomène général. Pendant une assez longue période à venir, l’opinion publique internationale face à la Chine peut nous poser un grave défi ; nous devons faire des efforts inlassables pour remédier à cette situation défavorable. 9월 22일 VISITE DE LA CITE INTERDITEDiscussion avec mon guide anglophone pendant la visite de la Cité Interdite :
- Ah, you are French ! good ! Zidane… « A nous la victoire ! » [en français dans le texte] - Heu… Yes. - Ah, France ! « Et un, et deux, et trois zé-ro ! » [encore en français] - Heu… yes, but it’s an old story… - France ! France ! Champion of the World ! - I am not French, i am Swiss… - Sweden ? - No, Swiss. Wode guo shi Ruishiguo. - Ah, Switzerland ! Beautiful country ! Roger Federer… - Heu… Speak me anithing about the Forbiden City, please… petit jeu : sur une des photos, vous pourrez apercevoir un Chinois bailler de manière particulièrement expressive. Saurez-vous le retrouver ?...
9월 21일 UN SOUVENIR DE LA LONGUE MARCHE SUR LE WEB : POUR NE PAS OUBLIER LES HEROS D'HIERJe viens de découvrir un site intéressant que je conseille à tous mes lecteurs chinois (car il n'est - malheureusement pour les autres - disponible que dans cette langue). Ce site, qui a déjà accueilli 4,6 millions de visiteurs depuis son ouverture en 2003, est une sorte de mémorial numérique dédiée à la Longue Marche et à ses héros. Il a été créé par des jeunes de la Ligue de la Jeunesse Communiste de Chine, dans le but, nous explique le site d'information China.org, de "constituer une véritable plate-forme pour les jeunes Chinois qui souhaitent commémorer les héros et découvrir l'esprit de la Longue Marche". Conçu à la fois comme un site historique, un lieu interactif (plus de 13'000 messages ont déjà été laissés par des internautes !) et une archive audiovisuelle, ce site, par sa richesse et son attractivité, constitue une référence dans le domaine.
l'adresse : http://www.china5000.org.cn/cz/index.htm
Cette page présente des vidéos de reconstitution des événements ; je n'ai pas encore trouvé s'il était possible de les télécharger pour pouvoir les visionner hors du site, mais elles me paraissent dignes d'intérêt (visuellement, la qualité est très bonne) et elles constituent une première approche pour les Chinois qui voudraient réviser leurs bases d'histoire : http://www.china5000.org.cn/cz/yyzp.htm
CE QU’IL FAUT SAVOIR QUAND ON EST JOURNALISTE EN CHINEEtre journaliste en Chine, comme envoyé spécial d’un média étranger, doit certainement être un travail passionnant ; mais il comporte aussi certains risques, et il est bon de savoir quelles sont les choses à faire et à ne pas faire, d’autant que les législations sur l’information en Chine sont en constant remodelage – allant plutôt, il faut le dire, vers un certain durcissement. Comment concilier l’envie de faire un reportage intéressant et celle de ne pas se retrouver en prison jusqu’à la fin de ses jours ? Tout est question de souplesse...
Le 10 septembre dernier, le gouvernement publiait un document extrêmement important intitulé « Mesures d’administration de la publication des nouvelles et informations en Chine par les agences de presse étrangères ». L’agence Reuters, directement concernée par ces nouvelles directives, présente ce document en ces termes : « La Chine a présenté un règlement aux termes duquel les médias étrangers doivent désormais solliciter l'approbation de l'agence officielle Xinhua pour la diffusion d'informations, de photos et de graphiques en territoire chinois. Les nouvelles règles, annoncées par Xinhua avec effet immédiat, s'accompagnent d'une mise en garde contre les informations qui "mettent en péril la sécurité nationale". Elles permettent aussi à l'agence officielle de censurer des informations diffusées en Chine par les médias étrangers et de supprimer des textes jugés contraires aux lois du pays. En vertu de ce règlement, les informations, photos et graphiques étrangers ne peuvent être vendus en Chine que par l'intermédiaire d'agents approuvés par Xinhua. Les autorisations octroyées aux agences de presse étrangères peuvent être suspendues ou révoquées si ces dernières enfreignent des règles concernant la publication de nouvelles contestables ou l'établissement direct de contacts avec des clients. Les nouvelles règles visent à "favoriser une diffusion saine et ordonnée de l'information", a indiqué l'agence officielle. » Cette fameuse agence Xinhua (plus connue en Europe sous le nom de Chine Nouvelle), qui est l’agence de presse officielle du gouvernement, et qui fournissait jusqu’ici l’ensemble des médias chinois – à commencer par le Quotidien du Peuple, premier quotidien du pays – deviendra donc également le point de référence pour les médias étrangers. Toute information devra passer par elle et être validée pour pouvoir être publiée. Xinhua revient sur ce document le lendemain de sa présentation par le gouvernement, et explique plus clairement quels sont les contenus qu’elle considérera comme irrecevables, donc impubliables, et auxquels elle refusera de donner son aval. Ces contenus sont ceux qui sont suspectés de : – violer les principes fondamentaux définis dans la Constitution de la République populaire de Chine – saboter la solidarité nationale, la souveraineté et l'intégrité nationale de la Chine – compromettre la sécurité nationale, la réputation et les intérêts de la Chine – violer les politiques religieuses ou prôner de mauvais cultes ou la superstition – inciter la haine et la discrimination parmi les groupes ethniques, saboter leur union et empiéter sur leurs coutumes et usages, ou porter atteint à leur sentiment – publier de fausses informations, perturber l'ordre économique et social de Chine ou saboter la stabilité sociale de Chine; – propager l'obscénité et la violence, ou encourager les crimes – humilier ou calomnier d'autres personnes, ou empiéter sur les droits et intérêts légitimes d'autres personnes – porter atteinte aux règles morales de la société ou aux excellentes traditions culturelles de la nation chinoise – comporter d'autres contenus interdits par les lois et les règlements administratifs chinois La première impression qu’on a, en lisant ce règlement, c’est qu’il ne fait que codifier plus précisément et plus officiellement des règles de déontologie journalistique élémentaire auxquelles tout reporter devrait songer sans avoir la menace de sanctions derrière lui, et ce quel que soit le pays où il se trouve. En effet, le racisme, les appels au crime, le sabotage, les atteintes aux traditions, les obscénités, ou que sais-je encore, ont toujours figuré dans les impairs à ne pas commettre dans ce métier. J’aimerais connaître les impressions de mes lecteurs sur le contenu de ce règlement et sur ce qu’ils pensent de cette reprise en main de l’information par les autorités. Qu’est-ce qui doit primer, selon vous, une totale liberté de la presse, ou le respect de certaines autorités de régulation permettant, comme le disent les auteurs du document, de « favoriser une diffusion saine et ordonnée de l’information » ? Le débat est ouvert. Ici, du moins, vous n’aurez pas besoin de passer par Xinhua pour donner votre avis… 9월 20일 QUI ETAIT NORMAN BETHUNE ?Henry Norman Bethune est né au Canada en 1890. Il fait des études de médecine et se spécialise en chirurgie thoracique. Il s'enrôle comme brancardier durant la Première Guerre mondiale. Il entre au Parti Communiste canadien en 1935. En 1936, au plus fort de la répression franquiste contre les républicains espagnols, il rejoint le peuple en lutte dans le maquis et participe, en tant que médecin, au grand combat antifasciste. Là, il met en place des unités mobiles de transfusion.
A la tête d’une équipe médicale de volontaires, il part pour la Chine en 1938, où la guerre contre l'occupant japonais fait rage, et devient chirurgien de l'Armée populaire. Il atteint Yenan, où Mao s’est retranché avec les résistants communistes, vers mars-avril et va peu après dans la région frontière du Chansi-Tchahar-Hopei. Animé d'un fervent esprit internationaliste et faisant preuve du plus grand dévouement et d'une totale abnégation, le camarade Béthune soigne, pendant près de deux ans, les malades et les blessés de la Ve Armée de Route, souvent au péril de sa vie. Il meurt le 12 novembre 1939 en Chine après avoir contracté une infection sanguine au cours d'une opération.
Le 21 décembre de la même année, Mao Zedong lui rend hommage dans un discours et appelle les communistes chinois à le prendre pour exemple. Bethune est enterré dans le mausolée consacré aux martyrs de l'hôpital qu'il a créé à Shijiazhuang, près de Pékin. IL EST DEC0NSEILLE D'ALLER CUEILLIR DES CHAMPIGNONS DANS LES FORÊTS CHINOISES...dépêche publiée ce matin par Xinhua :
Un villageois a été tué vendredi dernier par un tigre de Sibérie dans la province du Heilongjiang ( nord-est), alors qu'il cueillait des champignons dans une montagne, a confirmé mardi la police locale. La victime, âgée de 59 ans, était portée disparue depuis vendredi dernier, car il n'était pas rentré chez lui dans le village de Chaoyang du district de Sanchakou ce soir-là. Ses proches ont retrouvé son corps samedi et a informé la police de l'accident. Cui Changsong, commissaire de police local, a précisé qu'on a trouvé des morceaux de fourrure et constaté des traces de patte. Ces éléments suggèrent que le tigre pesait 150 kg. Le gouvernement local a recommandé aux villageois de ne pas se risquer à cueillir des champignons dans les régions reculées. 9월 19일 LE CINEMA CHINOIS SE PENCHE SUR SON HISTOIRELe cinéma chinois, qui a repris vie ces dernières années sur la scène internationale avec des réalisateurs comme Ang Lee, Lou Ye ou Tsui Hark, est entré dans une nouvelle phase de maturation. Il semble aujourd’hui que les sujets historiques reviennent à la mode et servent à des productions pour le grand public. Rappeler l’histoire, en chantant la gloire des héros patriotiques et en flétrissant les ennemis, est également un moyen idéal d’insuffler dans les masses le patriotisme et l’esprit civique nécessaire à la bonne marche du pays. Ce mois-ci, on nous annonce deux réalisations : une superproduction sur le massacre de Nanjing (Nankin en français) et une série télévisée sur le docteur Norman Bethune.
Voici ce que nous apprend une dépêche de Chine Informations au sujet du premier film :
La Chine a décidé de travailler de concert avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour tourner un film sur le massacre de Nanjing, qui pourrait devenir un autre classique sur la Seconde Guerre mondiale après La Liste de Schindler qui avait remporté plusieurs Oscars. « Nous espérons faire de ce film un classique sur un massacre pendant la Seconde Guerre mondiale » a dit Gerald Green, producteur américain du film. Le film sera réalisé avant le 1er septembre 2007 et fera ses débuts en Chine avant le 13 décembre 2007 pour marquer le 60ème anniversaire du massacre de Nanjing. Il sera lancé sur le marché mondial au printemps 2008.
Avis aux âmes sensibles donc : mieux vaut s’abstenir d'aller voir ce film si la vue des charniers vous rebute. Car le massacre de Nanjing fut une boucherie atroce perpétrée en 1937 par les troupes japonaises pendant la guerre. Pillages, tortures, exécutions, supplices en tous genres, tels furent les sévices infligés durant des heures à la population civile, femmes et enfants compris. Un tiers des maisons furent brûlées, 20'000 femmes violées et 300'000 personnes tuées. Le plus odieux, c’est qu’il existe encore aujourd’hui des Japonais, dans les plus hautes sphères de l’Etat (sous la protection de M. Koyzumi, cela va sans dire) qui continuent de minimiser ce massacre ; ce sont les mêmes qui balaient sans regret cet événement des livres d’histoire pour les écoles. Le gouvernement allemand, lui, a su reconnaître les horreurs perpétrés par ses prédécesseurs et cela fait longtemps qu’il a demandé pardon aux victimes ; le gouvernement japonais, lui, n’a rien fait de tout cela, et le Premier Ministre continue chaque année d’aller honorer la tombe de criminels de guerre reconnus…
A l’attention de tous les blogueurs français déracinés à Pékin ou ailleurs et qui passent leur temps sur leurs blogs à fustiger le nationalisme chinois et ce qu’ils appellent le « racisme » anti-japonais : renseignez-vous un peu sur l’histoire avant de juger vos hôtes si légèrement, et demandez-vous franchement quelle serait votre attitude aujourd’hui à l’égard de vos anciens bourreaux si vous aviez connu un martyre semblable à celui du peuple chinois.
Passons maintenant au feuilleton télévisé :
Dans l'après-midi du 6 août, la conférence de presse sur la première diffusion de la série télévisée Norman Bethune s'est tenue à Beijing. Ce feuilleton en vingt épisodes, qui a nécessité un an et quatre mois de travail, sera diffusé par la première chaîne de la télévision centrale de Chine à partir du 11 août. Il est d'ores et déjà encensé par la critique qui n'a pas manqué de louer ses qualités morales et artistiques. Ce feuilleton retrace les 49 années de la vie de Bethune, chirugien et humaniste d'origine canadienne, à travers un grand nombre de documents historiques inédits. Adapter pour le petit écran l'histoire de Norman Bethune (ou Bai Qiuen, nom sous lequel les Chinois le connaissent) est une manière de rendre hommage à ces hommes et femmes dont le dévouement à des causes humanitaires éveille en chacun des résonances profondes. Dans le feuilleton, ses remarques sur l'esprit d'abnégation, la conscience professionnelle, le sens des responsabilités donnent matière à réflexion à beaucoup de Chinois sur ce qu'un individu peut croire et faire pour édifier une société plus harmonieuse.
Yang Yang, réalisatrice de ce feuilleton, a dit : « Pourquoi la Chine, un pays millénaire, prend t-elle un étranger pour modèle ? Pourquoi, 66 ans après sa mort, est-on allé tourner une version télévisée de sa vie au Canada ? Peut-être tous les Canadiens ne pourront comprendre ce qui nous lie à Bethune. Mais les téléspectateurs ne pourront pas rester insensibles. Parce qu'ils auront en face d'eux un personnage vrai et riche. Pour les Chinois, Bethune était non seulement un grand médecin mais aussi un grand humaniste. En tant que médecin, il a sauvé la vie de milliers de personnes ; en tant qu'homme, il a combattu l'iniquité et la guerre. Et il a payé de sa vie ce dévouement ». Pour Yang Yang, le feuilleton rappelle le souvenir de l'humaniste et célèbre la noblesse de cœur.
Ce feuilleton ne sera vraisemblablement pas exporté à l’étranger. Je vais essayer à tout hasard de voir si je peux le capter depuis le petit téléviseur d’avant-guerre de ma chambre…
Demain, je vous ferai un petit rappel historique sur ce grand homme que fut Norman Bethune. photos : feuilleton sur Norman Bethune 9월 18일 DE LA SUISSE AU JAPON : LE LONG PERIPLE D’UN AVENTURIER DE CHEZ NOUSNous inaugurons aujourd'hui notre feuilleton du lundi. Il s'agit du carnet de voyage de Noé Maeder, un de mes amis neuchâtelois, qui est parti il y a quelques temps pour le Japon, entamant un long voyage par voie de terre et de mer via la Russie. Parti dans une optique résolument aventurière, sans beaucoup d'argent et muni seulement d'un sac et d'une tente, il nous raconte son périple, entre voyages, escales, découvertes, contacts avec les populations, petits boulots pour pouvoir continuer la route, etc.
Je lui ai proposé de relayer ses aventures sur ce blog, à raison d'un texte par semaine, tous les lundis, et nous commençons dès aujourd'hui avec le récit de son voyage de la Suisse à la Russie.
Salut a tous.
Je vous écris actuellement depuis Moscou chez une famille où j’ai séjourné une semaine. Depuis la Suisse, j’ai fait du stop jusqu’à Stuttgart (respectivement: Neuchâtel - Bienne - Bâle - Freiburg et Stuttgart). J’ai dormi dans un aéroport puis dans un parc public une nuit, et j ai pris un bus rempli de Russes qui allait jusqu’à Moscou (trois jours et trois nuits dans le bus…). Pour me faire comprendre dans le trajet, j’ai dû malgré moi utiliser mes faibles connaissances d’allemand mais c’est plutôt bien allé. Comme je n arrivais pas vraiment a communiquer, j’ai profité du trajet pour apprendre les notions de base de la langue de Tolstoï.
Je suis ensuite arrivé a Moscou et après avoir pris le métro et avoir subi pas mal de problèmes en tant qu étranger, je suis arrivé chez les Khlebnikov. Dans la capitale, j’ai visité le Kremlin et l’église St Basile et suis allé dans un lieu commerçant communiste où ils ont construit d’énormes pavillons en marbre remplis de statues d’heureux prolétaires où se trouvent plein de petites boutiques. Anecdote sympathique : ce lieu a créé une grande ferveur pour le commerce et a accéléré la chute du régime alors qu’il avait été conçu par lui.
Ce week-end, je me suis rendu à la campagne avec ma famille d’accueil dans leur deuxième maison. C’était vraiment très paisible après le stress de la capitale. Au moins, là-bas, le sourire est permis. Demain matin, je vais prendre le transsibérien pour Irkoutsk – deux tiers de la Russie en seulement cinq jours de train... Le prix du billet est plus cher que ce que je l’avais prévu (120CHF) mais cela reste assez raisonnable étant donne le nombre de kilomètres. Pour me rassurer, je pense aux prix en Suisse…
J’aimerais pouvoir vous écrire plus mais ce serait un peu long. J’ai écris plein-plein-plein de tartines dans mon carnet de voyage et vous y aurez certainement droit à mon retour. Avec plein d’anecdotes croustillantes, notamment sur mes périples en Liter Ball, le sport national russe (je vous laisse deviner de quoi il s’agit).
Je vous dis donc a la prochaine news qui devrait certainement être rédigée au coeur de la Russie, tout près du Lac Baikal, le plus profond du monde. pour écrire à Noé : noe.maeder@heidimail.com
Pour connaître la suite, revenez lundi prochain ! 9월 17일 PETIT-DEJEUNER A LA FRANÇAISECe dimanche matin, comme mon colocataire est parti pour une bonne demi-journée de sommeil après une nuit festive, j’ai la responsabilité de devoir m’occuper de sa copine qui est levée depuis déjà un moment et qui tourne comme une lionne en cage dans la chambre. Il ne veut pas la laisser sortir seule (il sort d’ailleurs sans elle le soir) car elle vient juste d’arriver en Chine depuis le Kazhakstan et elle ne sait pas un mot de chinois. Comme elle semble avoir faim, je lui propose de trouver un endroit pour prendre le petit-déjeuner.
Le réfectoire de l’Université étant déjà fermé, nous sortons en ville à la recherche d’un café où se sustenter. Ce n’est pas si facile qu’on pourrait le croire, même dans une métropole, car il semble que l’habitude de prendre son café sur une terrasse le matin, qui fait partie de nos mœurs, ne soit pas très usitée par les Chinois. Après un moment, nous trouvons quelque chose qui ressemble à un café : c’est une boulangerie attenante à un cybercafé qui permet de consommer sur place.
Tout, dans cette boulangerie, est français : le nom – Tous les Jours – ; les produits (croissants, baguettes, café) ; la musique de fond (Edith Piaf quand nous entrons) ; et la décoration, constituée de reproductions de vues parisiennes et de vieux ustensiles de cuisine français. Malheureusement, les prix aussi sont français… Les aliments sont vraiment chers, et je pense qu’il doit s’agir d’un café pour ceux qu’on appelle ici les « petits-bourgeois » (je ne me souviens plus du terme chinois), ces jeunes un peu snobs au fort pouvoir d’achat qui hantent les milieux culturels contemporains et s’entichent de tout ce qui est occidental. Je souris en pensant qu’un même type d’exotisme, mais de façon inversée, produit à peu près en Europe les mêmes comportements…
Mais les tenanciers de ce café ne semblent néanmoins pas connaître tout des mœurs françaises. En effet, au moment où une employée vient nous présenter une bouteille de champagne pour accompagner nos croissants, je dois lui expliquer que cette pratique n’est pas si courante que ça, même à Paris…
Au moment de partir, je me retourne vers les employées : je n’en suis pas sûr, mais j’ai comme l’impression qu’elles ont été débridées – une opération des paupières malheureusement très usitée par celles qui en ont les moyens et qui répond à certains canons de beauté occidentalisants. Serait-il possible qu’on les ait forcées à faire cette opération pour faire plus « françaises » ?...
LE CHOC DES CIVILISATIONS AURA-T-IL LIEU EN ASIE ?une réflexion très intéressante d'Alain Rebours sur une définition non-géographique des termes d'Orient et d'Occident et sur les dangereux dispositifs offensifs qui se mettent en place en Asie avec le renforcement de l'alliance Japon-USA, au grand dam de la Chine - paru sur VoxNR :
La visite du Premier ministre japonais au temple de Yasukuni le 15 août a laissé la majorité des Français indifférents. Ce temple patriotique héberge les âmes de deux millions de japonais dont quatorze criminels de guerre. Il est bon de rappeler que ces derniers n’ont d’ailleurs été enregistrés en ces lieux qu’en 1978 alors que leur condamnation remontait à une trentaine d’années. Cela fut donc discrètement réalisé en connaissance de cause.
Ainsi, depuis sa nomination monsieur Koizumi, partisan du renforcement de l’alliance américaine et de la remilitarisation qui dans les faits existe déjà, se rend tous les ans en ces lieux depuis sa nomination et cela de manière officielle. Encore faut-il faire remarquer que cette année la date choisie correspond à celle de l’anniversaire de la fin de la guerre et réhabilite de facto les criminels en question. Il serait facile d’imaginer la réaction mondiale si dans un pays européen auquel je songe un dirigeant de même importance adoptait la même attitude un 8 mai… Evénement passé inaperçu aux yeux des français qu’il faut bien innocenter puisque les médias, fidèles à leurs habitudes, n’ont que peu évoqué l’affaire somme toute dérisoire à première vue. Il est des détails d’un passé dépassé qui comptent davantage que d’autres qui sont pourtant de la dernière actualité et qui, en conséquence, peuvent être une indication sur ce que sera peut être l’avenir. Le désintérêt très majoritaire des hommes de chaque pays pour tout ce qui se passe hors de chez eux, exception faite de ce que les gouvernants souhaitent faire savoir, constitue un phénomène emblématique d’une mondialisation que l’on a par trop tendance à considérer comme étant dans tous les domaines advenue. On serait tenté, à tort, de croire que l’Asie est un tout homogène que l’on appelle l’Est. C’est la distinction classique entre Occident et Orient qui réapparaît. A nouveau à tort. Au même titre que Chavez et le Venezuela quoique situés à la verticale des Etats Unis ne sont pas d’Occident, le Japon, quoique situé en Asie et jaune racialement, est occidental. La géopolitique est donc bien autre chose que la géographie. Le fameux choc des civilisations qui opposerait l’Occident judéo-chrétien et libéral aux hordes arabo-musulmanes est lui aussi tout aussi navrant de simplisme intellectuel. On comprend dès lors mieux son succès auprès des masses. Le choc des civilisations dont on va de plus en plus nous parler sachant que celui qui fait actuellement fureur n’existe pourtant pas, concernera l’Asie. Si la notion de péril jaune n’est pas récente et fût mise en sommeil suite au rapprochement sino-américain consécutif à une russophobie partagée par les deux pays, la disparition de l’empire soviétique et l’implantation américaine progressive dans nombre des ex-républiques vont permettre aujourd’hui de ressortir ce concept. Encore faudrait-il pour cela ne point faire référence à trop de chocs à venir sous peine de voir nos contemporains légitimement s’interroger, la naïveté ayant des limites. Le lecteur comprendra que ce n’est pas à moi d’aller fournir de l’aide à Washington afin de mieux faire passer la pilule aux terriens même si j’aurais bien des idées à leur proposer sur la question. Les Etats-Unis sont évidemment présents dans l’archipel nippon où ils disposent pratiquement d’une centaine de bases et d’une demi-centaine de milliers d’hommes. Il va de soi que la présence des forces américaines, la militarisation et l’évocation d’un armement atomique ne fait pas l’unanimité. Il n’empêche que compte tenu de l’évolution depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, on ne peut que constater que ce pays qui à l’origine se devait d’être étranger à la chose militaire a particulièrement changé. Les Chinois et Coréens qui en sont bien davantage conscients que nous parce que directement concernés ont fort logiquement protesté. Pékin sait très bien que la présence américaine en Afghanistan comme en Irak ainsi que la volonté de Washington de décrédibiliser la Perse n’a pas pour enjeu la conquête de nouveau territoires mais plutôt d’une part de se rapprocher du far east, c’est à dire de l’Asie profonde et d’autre part de monopoliser les réserves pétrolières dont justement la Chine aura de plus en plus besoin et qui lui font défaut. Ainsi donc Pékin voit s’amorcer à son encontre une strangulation progressive, côté ouest par une progression des forces américaines en terre d’islam et côté est par une agressivité croissante du Japon stimulée par les Etats Unis. Là se trouve le choc et pas ailleurs et il n’est pas lié à la civilisation. A moins évidemment de considérer la Chine comme un pays arabo-musulman… 9월 16일 ANTI-IMPERIALISME AMERICAIN : LA RESISTANCE S'ORGANISEUne dépêche de l'AFP qui n'a pas de rapport direct avec la Chine mais qu'il fait plaisir de lire :
Le sommet des Non-alignés à La Havane s'est ouvert vendredi en l'absence de Fidel Castro, convalescent depuis une opération chirurgicale fin juillet, et sur un appel de son frère Raul et d'autres dirigeants des pays du sud à faire front contre l'unilatéralisme américain. Fidel Castro, âgé de 80 ans, a été élu par acclamation, pour trois ans, à la tête du mouvement des 118 pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, réunis sous la présidence de Raul. Le chef de l'Etat cubain, qui n'est apparu que sur des photos et des images filmées depuis son opération, « ne présidera pas la délégation cubaine au sommet », confiée à Raul, numéro deux du régime, a annoncé le chef de la diplomatie Felipe Perez Roque, devant les quelque 55 chefs d'Etat et de gouvernement. « Les médecins ont insisté pour qu'il continue de se reposer », a expliqué M. Perez Roque, en précisant que « quand il sera pleinement en condition d'exercer ses fonctions, Fidel assumera la présidence » du MNA. Assurant que son frère avait « veillé à chaque détail des préparatifs » du sommet, Raul Castro, chef de l'Etat cubain par intérim depuis le 31 juillet, a appelé le mouvement, qui représente les deux tiers des Nations unies, à s'unir contre l' « unilatéralisme des Etats-Unis et de ses alliés ». « Dénonçons l'hypocrisie du gouvernement des Etats-Unis qui, alors qu'il soutient Israël dans l'extension de son arsenal nucléaire, menace l'Iran pour l'empêcher d'utiliser pacifiquement l'énergie nucléaire », a-t-il poursuivi. « Nous savons tous qui soutient militairement et économiquement Israël » a-t-il ajouté. Raul Castro a appelé les Non-Alignés à défendre « le droit de nos pays à un usage pacifique de l'énergie nucléaire » et à lutter « pour un ordre international plus juste et équitable face au néolibéralisme et au consumérisme irrationnel des pays riches ». Le MNA réunit à Cuba la plupart des ennemis irréductibles de Washington, dont la Corée du Nord, l'Iran, la Syrie, le Belarus, le Zimbabwe ou le Venezuela. Hugo Chavez, président du Venezuela, a relevé l'ironie de la présence, à 150 km des côtes américaines, des "bêtes noires" de Washington. Le Biélorusse Alexandre Loukachenko, qui préside aux yeux de Washington "la dernière dictature d'Europe", a pris la parole pour représenter ce continent, l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad pour l'Asie, M. Chavez pour l'Amérique latine et le Sud-Africain Thabo Mbeki pour l'Afrique. M. Ahmadinejad a appelé ses pairs à « contrecarrer les tentatives visant à empêcher l'Iran de développer un programme nucléaire pacifique », un appel entendu, le MNA ayant déjà préparé une résolution dans ce sens. « Pourquoi les peuples du monde doivent-ils vivre sous la menace nucléaire des Etats-Unis ? » a-t-il lancé, avant de demander : « Qu'attend le Conseil de sécurité pour réagir à ces menaces ? » Le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, hôte traditionnel du sommet, a souligné la nécessité de relancer le MNA et de réformer le Conseil de sécurité, après avoir rendu hommage à Fidel Castro. C'est la deuxième fois que Fidel Castro assume la présidence du mouvement, après celle exercée de 1979 à 1983, pendant la guerre froide qui a donné naissance au MNA, fondé à Belgrade en 1961 sous les auspices du maréchal Tito, de l'Indien Nehru et de l'Egyptien Nasser. Les travaux du sommet, entamés lundi, doivent s'achever samedi.
INTERNET : LE NETTOYAGE CONTINUELes autorités chinoises nous montrent une fois de plus qu'elles n'ont pas peur de prendre leurs responsabilités, ce dont nous ne pouvons que nous réjouir. A quand un peu de nettoyage en Europe ?
dépêche parue aujourd'hui dans le Renmin Jibao :
Les autorités policières chinoises ont fermé plus de 320 sites web illégaux et pages Internet, et supprimé 15 000 articles sur Internet contenant des informations dangereuses entre le 6 et le 8 septembre. Un officiel du ministère de la Sécurité publique a indiqué que les sites fermés étaient ceux qui diffusaient des jeux ou qui vendaient des armes, des explosifs, des dispositifs d'écoute et des anesthésiques, ou encore qui organisaient des escroqueries et des vols en ligne. Il a ajouté que les autorités policières allaient intensifier leurs efforts pour purifier l'environnement Internet à l'avenir. J'invite les expatriés francophones en Chine à participer eux aussi à cette opération civique en utilisant ce site et en signalant les sites francophones douteux (je pense particulièrement à la pornographie) auxquels il serait accidentellement possible d'accéder depuis ici. 9월 15일 « NOUS DEVONS TROUVER CETTE ORDURE ET LE VIRER DE CHINE ! »Il n’est pas toujours facile d’être étranger en Chine, et même lorsque l’on cherche à s’intégrer et que tout semble bien aller, il suffit qu’un autre étranger fasse des siennes pour que la méfiance et l’hostilité reviennent en force ! Un exemple trouvé dans la rubrique actualités de Yahoo cette semaine : un Anglais résidant à Shanghai met le feu aux poudres en racontant ses expériences sexuelles sur un blog, multipliant les conquêtes chinoises, et parsemant son tableau de chasse de critiques anti-communistes. Les réactions dans la population, comme vous l’imaginez, ne se sont pas faites attendre :
Et le pire, c’est qu’il se trouve encore des gens, dans les expatriés de la blogosphère occidentale (notamment des Français) pour s’offusquer de ce langage un peu leste et crier au racisme ! Mais, bon sang, qui est le raciste dans l’histoire : celui qui déconsidère la femme de son pays hôte comme un simple objet de consommation ou le patriote décidé à défendre l’honneur des femmes de son pays et emporté par une colère bien compréhensible ? La seule chose rassurante dans cette affaire, c’est la saine réaction de ce M. Zhang. Son langage est un peu dur, mais quand il s’agit d’honneur, il n’y en a pas d’autre. Comme il le dit, c’est une question de tripes. Non, vraiment, la politique d’ouverture n’a pas que des bons côtés, et dans un pays qui a connu la colonisation, on est très sensible à tout ce qui peut ressembler à une décadence venue de l’étranger. Ce n’est pas être raciste que de dire cela – d’ailleurs, c’est moi qui le dis ! – mais il est normal qu’un peuple s’offusque de certains affronts, surtout quand les auteurs de cet affront viennent amener le désordre chez leurs hôtes et ne manifestent aucun respect pour la sensibilité culturelle du pays qui les accueille. Car le fond du problème est bien là : cette conception voyeuriste et infantilisante de la sexualité n’a rien de chinoise, elle est occidentale – ou plus exactement, elle est libérale, car ce serait faire injure à l’Occident que de croire qu’il a toujours été dans le triste étant où nous le connaissons actuellement. La libération sexuelle, ce miroir aux alouettes soixante-huitard (et largement dégénéré depuis) est quelque chose qui est propre à notre histoire et à certaines errances idéologiques de cette dernière, mais on ne peut en aucun cas vouloir exporter ainsi ses modèles de société – surtout quand les modèles en question sont si déstructurants ! Mépris de la femme, pratiques sexuelles considérées comme une simple consommation, multiplication des « conquêtes », phallocratie ras-les-pâquerettes : non seulement ces éléments sociologiques sont caractéristiques de la mentalité libérale, mais en plus, ils sont vilain goût de déjà-vu. Les colonies… Il y a encore du travail à faire pour que certains Occidentaux arrogants, débarqués en Chine uniquement pour profiter du marché – et de la chair fraîche, semble-t-il – acceptent de considérer les Chinois comme des êtres humains et comme leurs égaux. Il faudra du temps aussi pour qu’ils acceptent de s’adapter à la culture et à la sensibilité locales et ne croient pas être partout chez eux. En attendant, voilà un coup de gueule qui s’imposait, et comme disait en son temps la Pucelle d’Orléans : « Boutons les Anglois… » L'ALPHABETISATION DES CAMPAGNES SE POURSUITarticle paru aujourd'hui dans le Renmin Jibao :
La Chine a annoncé jeudi qu'elle comptait établir 200 000 librairies dans ses vastes régions rurales d'ici cinq ans. « Chaque librairie aura au moins 1000 livres, 30 magazines et périodiques ainsi que des produits audio-visuels » a indiqué Liu Binjie, directeur adjoint de l'Administration d'Etat de la Presse et des Publications.
La Chine a publié mercredi un programme national sur le développement culturel pendant le 11e Plan Quinquennal (2006-2010). Ce programme, publié conjointement par la Direction générale du Comité central du Parti communiste chinois et la Direction générale du Conseil des Affaires d'Etat de Chine, accorde une importance prioritaire au développement culturel des régions rurales.
Liu a souligné que ce projet, d'un investissement total de 4 milliards de yuans (506 millions de dollars) soit 20 000 yuans par librairie, viserait à promouvoir l'éducation et la popularisation des sciences et technologies dans les régions rurales. Il a ajouté que ces librairies seraient sponsorisées par le gouvernement et accepteraient les dons publics. « Nous souhaitons que chaque village puisse avoir sa propre librairie d'ici dix ans » a-t-il expliqué. |
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